Tous ces poèmes ne disent rien que les églises ne savent faire Je pousse du revers de la main, l’envers du décor nécessaire À ces attributs dérisoires des commentaires passe-partout Les poètes mangent leurs grimoires, puis ils meurent, on s’en fout
La plume au ciel m’a versé, des citadelles insensées Je suis ce petit personnage, distrait d’une bande dessinée Des cavalcades de commérages, sur ma bouche ont flétri Le commerce fait des ravages, il dézingue la poésie
Suffit pas d’être larmoyant, de guimauve attendrissant De compter ses pieds, de rimer ,d’écrire à contre chant D’injurier la faune et la flore, même à coup de métaphores Suffit pas d’être elliptique, de parler avec des mots morts
Je poserai bien en travers, de tes hanches singulières Une phrase dépenaillée, une strophe sans manière Mais toi par inadvertance, tu écraserais sa chance D’un bon mot désabusé, oubliant là ton enfance
Tous ces poèmes ne valent rien, on a tout dit en mal en bien Les chiens fous de nos cicatrices, ont des nausées de païens On a poussé les immondices, jusqu’au fleuve et l’océan Est devenu le précipice de tous les déchets triomphants
D’acrimonieux cénotaphes, gravés au glaive des remords Porteront leurs épitaphes écrites avec le sang des corps Puis la pluie lavera tranquille, tous ces vieux vers inutiles Restez en vos domiciles, bientôt ils fermeront la ville !
Tous ces poèmes qui s’imitent, ont la mystique élastique Par nature publicitaires, leur écriture automatique Est aujourd’hui artificielle, intelligence des lieux communs Tout se vaut, pour un slogan, Hugo n’est plus opportun
Les révoltés ont la dent douce et pour un chèque conséquent Ils mettront la lune rousse, à rimer avec l’enfant Et les marins callipyges, qui firent bander Jean Genet Portent un parfum à deux sous, sous prétexte qu’ils sont gais
Tous ces poèmes qui s’imposent, en images convenues Ils ne sentent pas la rose, chez eux plus rien d’imprévu Le conformisme tristement censure toute révolution Et même si l’on improvise, plus de surprise dans la scansion
A ta chemise tu fais deux trous, mais ça ne te fait pas Rimbaud Lui c’était son paletot, qu’il portait à même la peau Et puis un jour il s’est tiré, trafiquer pour quelques armes Nous on l’aurait bien aimé, nous n’avons eu que quelques larmes On va pas faire un mélodrame, y a pas de drame, ni d’alarme ! Ils ont vendu la poésie, pour une affiche dans Paris !
Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !
Un mot en retour ?