Les choses iront vite à présent. Vite et lentement en même temps car il faudra attendre les résultats de l’élection présidentielle et des probables élections législatives pour que « ça bouge ». Les médias alimenteront le feuilleton au risque de lasser. Pour garder mémoire, je noterai ici de temps à autre ce que j’ai observé ou entendu.
Fréquenter une princesse ne rapproche pas du peuple
Pour la première fois c’est ce que j’ai entendu dans une conversation « en ville ». Un homme qui aime trop l’argent, qui fréquente une princesse, ça ne fait pas rêver dans les campagnes. Au village, la moitié des électrices et électeurs avaient donné leur bulletin à l’extrême droite. Le doute s’insinue.
Les sondages dit-on, continuent de la placer en tête au premier tour. La perspective du « jeune premier » a pu plaire un moment, le retour de l’héritière candidate une quatrième fois introduit le doute. Les plus convaincus commencent à se méfier de la crédibilité de l’attelage. En tout cas, un type qui « aime trop l’argent », ça ne plaît pas.
Les éco-régions
Puisque la famille des écologistes est tiraillée, j’ai entendu dimanche le discours du candidat des Insoumis évoquer la proposition d’éco-régions. Proposition stratégique et sûrement intéressante. Le candidat sait qu’il faudrait une modification de la Constitution et que dans tous les cas le Sénat (lui qui fut sénateur) ne lui sera pas acquis. Dans un discours, il y a ce que l’on dit et ce que l’on ne dit pas. Le candidat parvint à policer le sien et le faire tenir dans le temps imparti. Les drapeaux français étaient de mise et l’on chanta la Marseillaise… avec le poing levé pour signifier tout de même qu’on est des révolutionnaires.
La gauche n’a pas travaillé
Depuis dix ans, la gauche dans son ensemble n’a pas travaillé sérieusement. Les clivages sont restés, on continue de produire du programme en oubliant d’aller à la rencontre des citoyens, de les écouter, de proposer une démarche. Les grandes évolutions n’ont pas été prises en compte, les valeurs sont dissimulées comme s’il était honteux d’être humaniste en période de crise. Bon, je l’ai déjà dit. Mais le spectacle que nous voyons n’est que le fruit de cette impéritie.
Pas un parti qui ne soit morcelé, divisé où les décisions remonteraient vraiment de la base. À droite non plus, mais c’est « logique ».
Il dit oui avec la bouche et fait non de la tête
Sur TF1, interrogé par une présentatrice dont je me demande encore si elle n’était pas un robot de l’intelligence artificielle, le candidat de Place Publique a répondu qu’il était candidat tout en faisant non avec la tête. Je vous laisse chercher la vidéo. L’effet fut désastreux tout comme la prestation. Au delà de la forme, le vide sidéral des propositions était tout de même effarant.
Un coup à l’extrême droite, un coup à gauche
À Mayotte nous avons vu un ancien premier ministre courant derrière l’extrême droite pour faire des propositions sur l’immigration aussi irréalistes que scandaleuses, mettant en cause le regroupement familial ou le droit du sol. De retour en métropole, le voilà promettant 20% d’augmentation de salaire sur 5 ans aux enseignants. Si c’est en s’appuyant sur une réduction des postes justifiée par la baisse des effectifs, la mesure risque d’être peu probante.
Ça ne fait pas envie
Je n’attends évidemment rien de l’extrême droite ou de la droite. La gauche n’a pas fait son aggiornamento. Si ça et là, certaines prises de conscience ont lieu, on reste sur sa faim. Les catalogues fourre-tout sont insuffisants et surtout font comme si les élections législatives étaient acquises. Il n’est pas dit qu’on ne retrouve pas grosso-modo le même type d’assemblée la prochaine fois.
Dans une société morcelée, où la confusion règne quant aux valeurs, le premier travail d’un mouvement politique (de gauche) devrait consister à savoir tisser des liens, relier, développer l’autonomie individuelle et les valeurs de solidarité. Plus que les objectifs en forme de promesses souvent inatteignables, c’est la démarche, la méthode, la façon de prendre les décisions qui devraient être définies.
Je n’ai toujours pas de candidate ou de candidat. Mais je considérais déjà ne plus être représenté par personne à l’Assemblée. Je trouve un peu mince de limiter l’objectif à tenter de faire barrage à l’extrême droite. Les militants dits de gauche sont absents dans le monde rural. J’habite pourtant une région qui fut une terre « radicale ». Quand on les entend faire la leçon sur les réseaux sociaux, ça me donne juste envie de m’abstenir. Ce que je ne ferai normalement pas… mais de vote en vote, ça devient de plus en plus dur.

Un mot en retour ?