Buridan est une chanson qui date du début des années quatre-vingt dix et que j’ai retrouvée en triant mes papiers. Dans la crèche, celui que j’ai toujours préféré, c’était l’âne. On ne se refait pas.
L’audio
Le texte
Qu’il vienne, qu’il vienne !
Le temps des fêtes païennes
Dans la crèche, mon préféré,
Ce n’était pas l’enfant croustillant
Mais l’âne Cadichon
Buridan, l’hésitant
Mangeur de tussilage
En décembre chaque année,
Je prends un peu plus d’âge
Vers Noël, quoi qu’il advienne
Mon amertume devant
J’ai toujours, ce sale souvenir d’enfant
On m’avait fait croire
De sombres histoires
D’un barbu en rouge
D’une hotte pleine
D’un barbu en rouge
Le joli blasphème !
Qui danse sur ma haine
Les adultes voulaient faire rêver mon âme d’enfant
Ah, ils disaient, c’est si joli l’imaginaire d’un enfant !
Ils me racontèrent, des histoires idiotes et sans fondement
Ils m’apprirent simplement qu’un adulte ça ment, effrontément
J’ai quatre ans, je ne suis pas idiot !
J’ai vu tous vos pères Noël devant les grands magasins
Laids, rigolards et vulgaires
S’il y en a tant c’est qu’il n’en est aucun (bis)
Ce fut, ma première colère, « adultes, vous m’avez menti !
Vous avez perdu, ma confiance, absolument ! »
Je suis devenu adulte, j’avais quatre ans.
Ne mentez pas ! Ne mentez pas aux enfants,
Ne mentez pas aux bébés
Ils sauront la vérité
Vos cadeaux n’achètent que votre lâcheté
Vous avez tant et tant à vous faire pardonner
Parents, faiseurs de prisonniers
Parents dont il aura fallu du temps pour se débarrasser !
Parents ! J’avais quatre ans ! Vous pensiez que j’étais innocent
Je pouvais vous raconter n’importe quoi
Du genre, que je vous aimais jusqu’au ciel,
Vous y avez crû ma foi, vous aviez des esprits d’hirondelle !
Qu’il vienne, qu’il vienne ! Le temps des fêtes païennes !
Je convoque à mon chevet, les sorcières les plus anciennes
Les démons, les jets de salive, les bestioles rejetées
Les ânes par vous fouettés,
Et nous ferons des fêtes dans la campagne !
Autour de grands feux dans la neige
Loin de vos villes illuminées
Et nous ferons des fêtes dans la campagne
Buvant du vin, rotant, crachant sous le ciel étoilé
Tous des menteurs ! Parents ! Curés ! Bourgeois de l’ordre établi !
Vous qui ne comprenez-rien à nos nuits, à nos vins, à nos odeurs, à nos cris
Qu’elle brûle ! Qu’elle brûle la barbe du gros Père Noël puant !
Entends-tu rire de l’âne, Buridan ?
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