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je vais
Je vais dans mon âge, je n’écris plus rien L’Océan me voit pâle et je n’y peux rien, Je vieillis en dehors de mon corps, j’aurais voulu Mais je manque de temps, je n’ai pas su Médiocre autodidacte, à moitié orphelin Mes chaussures qui craquent et pourtant je reviens Vers ce désordre intérieur et ce…
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de l’autre côté de la route
Derrière la maison le torrent roule sa lessive d’eaux boueuses et salées. La marée lui remonte dans la gorge. Le torrent navigue à contresens. Il fait soleil dans les cris d’oiseaux. J’aime quand les mouettes s’engueulent J’aime quand le torrent rouspète et se déglingue au fond du jardin J’aime quand mon futur amour me manque…
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la clé sous la porte
Les machines bruissèlent leur tic-tac funèbre L’hiver s’étire J’ai besoin de forêts, de rivières, de métamorphoses, d’insectes Je cherche ton rire dans l’éclat de l’eau, Si j’avais su, j’aurais pu être utile au Monde Je suis parti, mais je n’ai pas marché Petite fougère, Ma nuque crisse Bientôt, je mettrai la clé sous la porte
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retrouvailles
Quelques semaines au loin, les trottoirs de la ville et les cris de la modernité. Et puis, le jour de Noël, retrouvailles sous ton soleil, ton écume. Cheval dansant au bord de l’eau. Char à voile traçant sa course rectiligne dans la lumière. Oiseaux regroupés sur le miroir de la marée montante. Nuages des peintres,…
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marcheur
Face à l’océan, il dit : je suis marcheur.Le sentier des douaniers est ma seule limite.La contrebande du coeur.Prisonnier de la terre.Je ne suis pas marin.Je ne saurais pas faire autrement qu’entrer lourdement dans l’eau.Et me taire.
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Au détour
C’est toujours la même émotion, lorsqu’au détour de la route, après avoir franchi la dune ou la falaise, descendu la vallée ou tourné dans les collines, tu étends ton drap dans le ciel et qu’il s’en décroche soudainement…Tu es là et tu es la même surprise, la même nudité qui aimante mon regard et mon…
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aux grandes marées
aux grandes maréesd’été,les maraisinondésje t’ai perdudans les fondrièresque l’eauefface mon orgueil sous le soleil la vagueme tire et me mènechevilles ensabléesaux grandes maréesj’ai le coeurlavé un jourje comprendrai l’attraction,le flux et le refluxmarées de vives eauxperte et renouveau à l’orée des grands fleuvesse posent les oiseaux ton visageme reste cachéLunemagnétique et sombreaux grandes maréesje suisdéboussolé
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achèvement
Trop de beauté m’achève.Je voudrais savoir me fondre dans le paysage.La bruyère violette. Les bleus incendiaires de l’Océan. La mousse en bas sur les rochers. A cent dix mètres sur la falaise, entre le ciel et l’eau.Je ne suis plus que lumière et couleur.Me fondre dans le paysage. Vous ne comprendrez pas.Je suis là, absent…
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impatience
J’entends déjà comme des sentinelles, les veilleurs de mots : les poètes. Max, Angèle, Georges…Et tous ceux qui passèrent. Peut-être, apprendrais-je mieux les mots simples et lisses, galets parfaits, roulés sous la langue avide de l’Océan.Il faudra. Mes yeux dans les paysages de la mer pour comprendre les peintres de la mer.Il faudra. Mon regard vers…
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le jardin fou
Je suis à ton désordre gentil jardin. Je préserve les fougères, la mauvaise herbe, les petites fleurs bleues. Je guette l’éclosion, le bourdon, l’oiseau bavard. Il faut te laisser improviser. Les primevères ont déjà sauté dans la pelouse et le lierre s’étend langoureux. Je voudrais savoir nommer ces dentelles de feuilles, ces tiges enroulées, dépliées,…