Pour des travaux ordinaires (ou pas ? ) , ils vont couper l’électricité. Par chance c’était prévu, programmé. Il n’empêche, cela vient souligner l’ultra dépendance à cette énergie. Un vrai point de fragilité.
Une maison comme tant d’autres
La maison que je loue ici est entièrement dépendante de l’électricité : les machines, les stores, la cuisinière, l’eau chaude, le chauffage, le réfrigérateur, cet ordinateur sur lequel j’écris… C’est une maison qui a un peu plus de vingt ans. Le tout électrique était vu comme un critère de confort et de modernisme.
Il fut un temps où des manivelles permettaient de remonter un store quand les volets n’étaient pas de simples panneaux de bois à pousser. Le chauffage peut ponctuellement être assuré par la cheminée, mais elle peinerait à réchauffer seule toute la maison.
La panne ou la coupure d’électricité sont problématiques notamment à la campagne, où les personnes sont nombreuses à faire des réserves dans leurs congélateurs.
Je repense à certaines maisons de mon enfance, où il n’y avait d’ailleurs pas de chauffage central. L’électricité ne concernait que l’éclairage. J’ai longtemps connu la maison de la grand-mère paternelle sans réfrigérateur, sans machine à laver ni aspirateur, ni télévision… J’ai vécu dans une telle maison et parfois nous avions froid.
Les livres, le stylo et le papier, le jardin
Il n’est pas annoncé de franc soleil. Sans électricité, pas possible de se faire chauffer de l’eau pour le thé ou le café, à moins de prévoir une thermos.
Il y aura pour se réfugier si je ne bouge pas, les livres, le stylo et le papier. J’ai des choses à faire dans le jardin.
Ce qui est amusant c’est que confronté à cette coupure, placé dans la dépendance, je vais aussi me positionner dans l’attente avec la sourde inquiétude du « moment où ça va revenir ».
Si c’est plus long que prévu, viendront les reproches à notre Enedis national, si c’est plus court, c’est sûr, je voudrai marquer ma reconnaissance en utilisant telle ou telle machine…
Surveillance
Une application numérique surveille heure par heure, jour par jour, la consommation électrique des lieux. Il est possible de savoir à quelle heure je passe l’aspirateur et quasiment à quelle puissance.
L’outil de surveillance inquiète les uns mais me sert à réguler. Mine de rien, on peut faire de vraies économies, se mettre des défis… mais je reste limité dans mes possibilités de faire évoluer ce qui est. Pourtant, il y aurait la possibilité de trouver des alternatives mais le locataire a peu de pouvoirs.
Sans smartphone la coupure aurait été plus rude. Je risque d’être tenté de regarder les messages et les mails. Ces derniers, j’attendrai pour y répondre. Et je ferai pareil pour l’actualité du monde. Si Monsieur Trump pouvait retenir ses bombes…
On dit « faire la coupure » quand on parle de se donner de la liberté. Tiens voilà l’exercice, se donner de la liberté dans la contrainte imposée…

Un mot en retour ?