À l’occasion de la Loi critiquable par ailleurs sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, on lit l’inquiétude de personnes majeures qui ne veulent pas prouver leur identité pour accéder à un réseau ou un site. Il faut tout de même rappeler que l’anonymat n’existe quasiment pas et que le citoyen ordinaire est largement traçable dans ses connexions.
Le pseudonyme ne masque pas tout
Biscotto832 se pense protégé par son pseudo pour insulter tel ou telle ou vomir son racisme sur un réseau… mais il a oublié qu’on peut le retrouver par son adresse IP, ou via le compte qu’il a crée avec un mail ou un numéro de téléphone. Il a parfois utilisé un moyen de paiement et il a oublié les fameux cookies. Même sans eux on peut voir l’empreinte du navigateur, remonter les logs etc.
Le fournisseur ou FAI sait tout (ou presque) de ce que fait un abonné ordinaire
En France votre fournisseur doit conserver les logs de connexions pendant 1 an (adresses IP sources/destinations, horodatages, volumes de données, etc.), en vertu de la législation (Loi pour la confiance dans l’économie numérique). Donc, il ne suffit pas d’effacer l’historique de votre navigateur !
Même un VPN ne cache pas tout
Un VPN masque l’IP vis-à-vis des sites visités. Mais il faut avoir confiance dans le fournisseur VPN. Un VPN déplace en quelque sorte le point de confiance – du FAI vers le fournisseur VPN. Si ce dernier conserve des logs, collabore avec les autorités, ou subit une compromission, la protection s’évapore. Oui un VPN masque votre IP réelle aux sites visités et chiffre le trafic vis-à-vis du FAI, mais le fournisseur VPN voit tout (sauf s’il est strictement « no-log », et encore, c’est vérifiable seulement dans une certaine mesure). Il peut y avoir des fuites à différents niveaux dont les DNS… Donc il est vain de se croire anonyme et libre (pas plus que lorsque vous vous déplacez dans l’espace public).
La protection des lanceurs d’alerte
Le vrai problème est la protection des lanceurs d’alerte ou de celles et ceux qui veulent informer par exemple de l’oppression d’un régime.
Au passage, rappelons qu’il faut être prudent lorsqu’on échange avec des personnes qui résident dans un pays soumis à la dictature. Vous risquez de compromettre telle ou telle personne en affichant votre opinion ou votre soutien.
Les lanceurs d’alerte ont besoin d’un niveau de protection élevé à cause du risque de représailles (licenciement, poursuites, emprisonnement etc.). En France et en Europe, la loi protège sur le papier les lanceurs d’alerte, y compris ceux qui font des signalements de manière anonyme (si leur identité est révélée plus tard, ils restent protégés). Il existe des outils comme le réseau Tor (qui n’est pas infaillible) ou le standard SecureDrop utilisé par différents médias pour protéger leurs sources.
La grande délinquance a ses outils
Inutile de rappeler que la grande délinquance, notamment parce qu’elle agit depuis l’étranger et sait s’appuyer sur des experts et des moyens conséquents , sait sinon protéger totalement son anonymat, se délocaliser dans des contrées qui l’exonéreront d’avoir à rendre des comptes…
Conclusion provisoire
Il faut rappeler que l’on est rarement vraiment anonyme notamment sur les réseaux sociaux.
On prend un pseudonyme parfois en espérant se protéger et pour pouvoir s’exprimer. Mais la protection est fragile.
On peut regretter d’être facilement traçable et en même temps, lorsqu’on est agressé par un pseudonyme virulent qu’il soit difficile d’obtenir la suppression d’un message, d’un compte ou de mener des actions en justice.
Il y a notamment des difficultés à ne pas sous estimer afin de préserver l’expression de minorités, de salariés, de victimes d’agressions…
En étant provocateur, je pense que si les abonnés de X étaient obligés de s’exprimer sous leur véritable identité, cela réduirait de 90% les propos problématiques ! Enfin, je suis peut-être optimiste !
À titre personnel, malgré des attaques désagréables ou des incompréhensions, j’ai toujours pris le risque d’afficher franchement mon identité mais c’est une affaire personnelle, je ne transpose pas à autrui !

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