À quelques kilomètres de la maison, il a suffi de remonter un peu le Lot, j’étais dans un lagon tropical. Petit pincement au cœur, la dernière fois j’étais venu avec Galou. Pensée surtout pour mon géologue de grand-père, le roi des sédimentologues, qui aurait tellement aimé explorer et commenter le sentier d’interprétation là où j’ai rêvé de cette mer peu profonde et chaude, claquant la falaise de ses vagues énervées.
Il y a juste 170 millions d’années…
J’étais bien jeune encore. Poissons et reptiles marins, ammonites et plancton certainement étaient présents. Mais je doute que la plage agitée fut si propice au farniente et à la baignade comme les plages actuellement dévolues au tourisme.

Si le rocher de Calvignac émergeait des flots, seule la falaise peut aujourd’hui raconter l’histoire. Aujourd’hui elle se fend sous la pression du temps et des éléments. Un caillou est tombé devant moi qui sur ma tête aurait pu m’empêcher d’écrire. Vertige, vertige en haut, ma peur de tomber, vertige en bas devant l’immensité de l’Histoire terrestre…
Dans ce bien avant nous que les géologues décryptent : alluvions, calcaires, calcite et quartz disent tout. Failles et fissures… Tout cela permet d’observer la « coupe de référence » avec Aalénien et Bajocien s’il vous plaît.
Mon grand-père savait tout, il décrivait un peu vite pour le néophyte que j’étais et qui restait debout face au grand Mystère …
Petit rappel
Certains n’aiment guère que l’on rappelle la jeunesse de notre espèce et de notre histoire sur une planète qui n’était pas spécialement faite pour nous, dévolue à notre usage réservé. Locataires, nous avons pensé y jouir d’un bail plus qu’emphytéotique… Petits prétentieux incapables d’entretenir correctement la maison.


Enfant vois tu ce que ce mur étrange donne à lire et à rêver ? J’imagine les vagues furieuses, la chaleur moite… Mais quels cris ?

Le cercle Quercynois a laissé quelques notes. Qu’en aurait pensé André Vatan mon grand-père le géologue ? Quelqu’un vend son manuel en e-book spoliant le droit d’auteur dirait-on…
Je crois bien que si j’aime le Quercy, c’est aussi parce qu’à chacun de ses nombreux virages, dans le creux des vallées, sur le haut du causse affleure un récit qui nous dépasse, qui nous renvoie à ce que nous sommes, petits hommes dans l’immensité du vivant.

Un mot en retour ?