Le site est solidaire avec celles et ceux pour qui l’accès au web n’est pas une évidence


un ciel rouge sur la vallée

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2–3 minutes

Le site est ouvert à toutes celles et ceux qui lisent le français. Ici, pas de cookie, pas de traçage et des pages légères. Ce qui pour nous en France semble plutôt aisé, facile, banal, peut pour d’autres, depuis différents lieux et continents du Monde, s’avérer beaucoup plus complexe pour des raisons diverses.


Chacune, chacun se reconnaîtra

Je n’utilise pas d’autres outils statistiques que ceux de l’hébergeur et ils ne disent que des tendances. Je sais cependant de quelles régions ou pays du Monde on vient le plus, quotidiennement. Depuis plusieurs années maintenant, je sais également qu’il est des régions dont les visiteuses et visiteurs sont rares. Ce n’est pas que l’obstacle de la langue. Les smartphones sont de plus en plus présents, pourtant les connexions ne sont pas toujours faciles, ni stables, ni possibles.

J’ai parfois des petits messages dans la boite privée.

Parmi les visiteuses et visiteurs, je sais que certaines et certains parviennent à surmonter les obstacles. Je les vois sans pouvoir les nommer, les désigner, comme de petites lumières, de petits signes discrets et fugaces.

Ils et elles sont là, au bout du fil ténu de la grande toile. Et nous sommes sommes relié·es.

Je me dis « tiens, ils ou elles sont venu–es quand même » et je mesure que c’est une forme d’exploit.

Communiquer c’est la liberté

Il y a celles et ceux qui de toutes les façons ne sauraient pouvoir accéder à la moindre machine. Ce que nous faisons est un luxe de nantis.

Il y a celles et ceux qui doivent s’organiser, surmonter des obstacles, prendre mille précautions et qui s’accrochent à ce qu’il est possible de trouver ou de capter. Peut-être le hasard les aura guidés.

Je pense à vous

C’est idiot à dire comme ça. Il suffit de mesurer mon propre agacement quand je ne parviens pas à cause d’une panne quelconque à me connecter. Alors je comprends ce que cela peut représenter quand c’est beaucoup plus long qu’une simple interruption, beaucoup plus difficile à obtenir, quand le débit est insuffisant, intermittent et que l’accès reste fragile, fugace.

Nous décrions souvent un certain nombre de dérives liées aux réseaux, à l’internet, aux échanges sur le Web… et nous ne mesurons pas toujours combien pouvoir communiquer est important, utile et désormais nécessaire, y compris à la liberté individuelle ou collective.

C’est aussi là que nous pouvons mesurer notre responsabilité.

Je pense à vous maintenant et aux raisons qui me font parler de vous.

Je pense encore au spectre, à l’ombre qui pourrait s’étendre si dans notre naïveté nous n’étions pas attentifs à notre propre sort.

Penser à vous, c’est penser à nous.

Je pense à vous et je pourrais presque murmurer chacun de vos prénoms à voix basse.

Je pense à l’amitié, entre les humains, entre les peuples.

Nous savons. Cela ne nous rend pas forcément puissants à réparer les fils brisés, les coupures mais cela nous relie à vous.

Je ne sais pas si les ondes des pensées savent voyager et toucher celles et ceux qui sont dans la nuit ou brûlé–es d’une aube trop électrique, je veux le croire pour le sel de l’espoir, je veux le croire même si c’est immodeste.

Je vous sais.

Merci !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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