Les calendriers rythment nos vies. Mais nous avons chacune, chacun, notre agenda intérieur, nos cycles de vie. Ce cheminement fait de libertés offertes, de choix, c’est l’aventure renouvelée. Ce qui est passé est passé. Un nouveau panorama s’ouvre déjà. Quelque chose se transforme en nous. Loin des résolutions de pacotille se dessine un nouveau chapitre. Il suffit d’être attentif et présent au bon moment à soi et à sa place dans le paysage.
Ce qui compte c’est le chemin
Ce qui compte ce n’est pas le bulletin de fin de trimestre rédigé par un professeur fatigué. Les autres n’ont de nous qu’une représentation partielle et partiale. Refusons les assignations sans perdre d’énergie à les démentir et certainement pas en nous justifiant.
Les bilans comptables ne disent pas grand chose de l’intime. Certains comptent les morts, les défaites, les échecs, les scores, les chiffres d’affaire. La réussite et le succès sont des leurres.
Les années s’égrènent, on craint manquer de temps.
Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux (L’Ecclésiaste)
Voici décembre et son solstice. La nuit impose son joug. Qui peut échapper au rythme des saisons, à l’éphéméride implacable ?
Chaque mort ferme une page et nous enseigne une liberté neuve. Il s’agit de se préparer aux nouvelles rencontres, de se rendre disponible à la surprise et à l’aune de l’expérience, s’essayer. Essayer c’est donner corps à l’espoir. Être créateur de sa vie.
Tu as cheminé. Tu auras beau vouloir revenir en arrière, remonter le courant, la vie est une rivière.
Ce livre que tu relis, c’est déjà un autre livre.
Une sensation intime
En 2023, j’ai changé de paysage. Nouveau lieu, nouveau contexte nouveau cadre. Mais ce n’est pas ça qui fait le changement intérieur, qui transforme vraiment.
Transformer, se transformer, ne se fait pas sur du vide. L’histoire, le corps… Ce n’est pas le miroir qui parle. C’est à l’intérieur. Une sorte de signal doux.
C’est la résilience qui fait signe.
Le risque d’être soi n’est qu’affaire de peur du regard d’autrui, d’inquiétudes accumulées, de pensées sombres recroquevillées. Tu vois que tu peux prendre ta place dans le paysage, cheminer en relevant les épaules, te déployer, t’affirmer sans t’opposer ni revendiquer d’autre pouvoir que celui de maîtriser ta propre dignité, de vivre en cohérence avec tes valeurs.
Cycles de vie
Dans nos étapes, il y a des cycles de vie. On investit un nouveau paysage, un nouvel environnement. Le tout c’est d’apprendre à ne pas réitérer les erreurs, tirer parti de sa chance.
C’est vrai, souvent, des personnes importantes pour moi m’ont engagé à changer en disparaissant. La tristesse est une chose, mais la reconnaissance que je leur dois c’est de ne pas me morfondre et de l’expérience douloureuse savoir imaginer la suite.
La mort fait partie de la vie. Il faut cesser de la nier ou d’user de subterfuges pour la repousser. Ce qui compte ce n’est pas la durée mais l’intensité.
Les cycles de vie tournent sur eux-mêmes comme le tambour de la machine à laver. On ne réalise pas forcément tout de suite qu’on a changé de cycle… puis un jour, au détour d’une rue, en écrivant, en parlant à un ami lointain, on sait : on est passé à autre chose, on habite autrement sa vie, on trouve son bonheur en cheminant et en créant … sans se renier ni se compromettre. Ni honte ni orgueil !
Changer de cycle de vie, c’est s’aligner mieux avec soi, comme des retrouvailles qui permettent au marcheur de se remettre en route, le sac léger, rempli de l’essentiel. Le sel de sa singularité, la joie de la rencontre à venir.
Alors on dit : Adelante !

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