Un site personnel c’est le reflet de valeurs et de croyances. Le défi est de passer du dire au faire et ce d’autant plus quand on fait des choix qui se démarquent des schémas de compétition imposés par les géants du Web. Sans intégrisme, il y a un moment où il faut l’assumer de façon explicite. Comment je résiste avec ce site ? En commençant par questionner et modifier ma pratique…
- Au début, on fait sans trop savoir
- Prise de conscience
- Un exercice personnel
- Maintenir l’exigence et la vigilance
- Résister
Au début, on fait sans trop savoir
Dans les premières versions du site, j’étais surtout préoccupé d’avoir un site « joli » (tout de même avec du contenu intéressant). Puis j’ai vu qu’on pouvait ajouter des fonctionnalités un peu comme les options qu’on rajoute à une voiture… Sans mesurer toujours qu’elles n’étaient pas forcément utiles, de bon gout, alourdissaient le site , ajoutaient des cookies… et s’inscrivaient dans une logique commerciale, de compétition.
Au tout début j’ai travaillé avec PageMil, un logiciel d’Adobe. Puis je suis devenu utilisateur de WordPress. Comme tout outil il est critiquable mais ce qui compte c’est ce qu’on en fait.
Je me suis retrouvé à utiliser par exemple des extensions comme le célèbre couteau suisse « Jetpack » qui me semblait « sympa » au départ : il permet de partager automatiquement ses publications sur les réseaux sociaux, de proposer des abonnements aux articles, de gérer les commentaires et mille autres choses avec une évolution progressive vers des fonctionnalités payantes. Je n’avais pas compris d’emblée les logiques commerciales, le fait que je favorisais le traçage des lectrices et lecteurs etc.
J’ai utilisé une chaine YouTube dont j’intégrais les vidéos sur le site. Je ne parle pas des statistiques Google Analyctics utilisées en leur temps avec tout ce que cela impliquait…
Prise de conscience
Puis j’ai travaillé notamment à n’avoir plus que des cookies dits « essentiels » pour finir par comprendre qu’ils ne l’étaient pas et faire que le site n’en utilise plus.
C’est tout à fait comparable avec mon approche des systèmes et outils numériques : à mes débuts j’ai utilisé Windows puis déçu j’ai installé Linux Ubuntu en parallèle avant de n’avoir plus sur mon ordinateur que du Linux et des logiciels libres. Et ce n’est pas compliqué !
Cette phase de prise de conscience c’est un cheminement. Entre ceux qui s’en fichent, ceux qui donnent des conseils qu’ils ne s’appliquent pas, les austères qui ne veulent que du texte pur et dur, il faut pouvoir se forger sa propre opinion en essayant, bricolant.
Petit à petit il faut préciser ce que l’on veut faire, s’assurer qu’on est cohérent avec son système de valeurs, affiner, s’affirmer…
J’ai appris il y a peu à me passer de certaines extensions et les remplacer par quelques lignes de code beaucoup plus légères… mais il faut tester pour ne pas se bloquer !
J’ai reçu à la fois des reproches de certains qui critiquaient le fait que je tire pas un parti commercial de mon travail ou d’autres qui venaient ergoter sur des choix technologiques. Il y a, je l’ai déjà dit ailleurs, une forme d’intégrisme chez un « happy-few » de tenants du libre lesquels en réalité ne tiennent pas à son développement réel. Ça n’empêche pas de vouloir faire mieux… mais je me méfie toujours des procès en « pureté ».
Un exercice personnel
S’il me reste par exemple à travailler encore la visibilité des textes pour toutes et tous (encore qu’elle ne soit pas si mauvaise), au fil des mois et encore plus fortement ces dernières semaines j’ai confirmé ou fait les choix suivants :
- le site est hébergé en France
- j’utilise un système de cache sans cookie qui permet de servir les pages à la deuxième visite comme si elles étaient statiques
- j’ai supprimé la lettre de diffusion (réprouvant l’idée de recueillir des adresses)
- j’ai supprimé les commentaires
- j’ai éliminé tous les cookies et traceurs
- il n’y a pas de statistiques autres que celles de l’hébergeur
- j’ai élevé le niveau de sécurité du site
- j’ai travaillé l’écoresponsabilité du site et je l’ai même encore améliorée récemment
- j’ai limité le nombre de requêtes, allégé les pages etc (même s’il faut poursuivre sur certaines).
Maintenir l’exigence et la vigilance
Intéressé par des démarches comme celle de l‘IndieWeb qui propose que chacun reste maitre de son contenu et se relie ensuite aux autres , si le site répond au même état d’esprit, il ne se prête pas tout à fait à la même logique (je ne souhaite pas d’interactions directes sur ce site, je préfère le mail ou les vraies rencontres…).
J’ai failli céder aux sirènes de la lettre de diffusion notamment via la plateforme Substack. Jusqu’à ce que je découvre que les données personnelles sont hébergées aux USA et qu’il y a eu des contenus problématiques !
Comme certains m’avaient dit préférer recevoir les articles dans leur boite mail plutôt que par fil RSS, j’ai vu un autre dispositif, comme Follow.it mais c’est une plateforme basée à Malte et je n’ai pas besoin de lui faire de la publicité… Il est certainement plus intéressant de convaincre les lectrices et lecteurs qui s’intéressent à ce site de s’abonner directement via leur agrégateur de flux ou une extension de leur navigateur. En plus les flux RSS c’est vraiment simple et pratique ! Un message y invite dorénavant au bas de chaque article : c’est gratuit (il existe de nombreux lecteurs gratuits de RSS à commencer par Thunderbird), sans aucun traçage, n’encombre pas la boite mail, se lit quand on veut.
Tout en maintenant la curiosité, il faut savoir résister à certaines propositions en apparence alléchantes mais pas cohérentes avec les choix initiaux.
Résister
Espace de liberté, de création, d’expression, un site ou un blog peut-être un espace de résistance. Il y a une richesse formidable de blogs. J’apprécie à titre personnel les versions texte qui nous évitent d’être captifs de vidéos souvent trop longues pour dire peu. Il faut être un peu tenace, préférer la fidélisation à l’audience pour l’audience…
Je proposerai de nouveau d’ici quelques temps des curiosités numériques qui avaient bien plu.
Une nouvelle structuration de la semaine
Des rendez-vous
Le site est alimenté au quotidien(donc un nouvel article chaque jour) . Sauf actualité particulière autour du journal vous retrouverez également 4 rendez-vous hebdomadaires « à jour fixe » :
- Le Dimanche : on chante !
- Mercredi : c’est poésie ! avec la part belle faite aux enfants
- Le Vendredi : place à la fiction, à lire ou écouter (feuilleton, nouvelles…)
- Samedi : retour sur la vie du site et ses évolutions.
Selon les périodes, un focus, un projet ou un défi particulier anime le site.
Dans le menu du haut, « l’intégrale » permet de retrouver tous les articles du plus récent au plus ancien, puis les autres rubriques vous permettent de naviguer par page.
Cette semaine, ce fut honneur aux enfants avec un poème mercredi :
et tout au long d’octobre, chaque vendredi, vous retrouverez un épisode du conte « Unique » présenté sous forme de texte et d’audio.

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