Sa pancarte faite à la main, « pour que le monde change », le garçon l’a portée tout au long. À la manifestation de Figeac, sous préfecture, il y avait du monde ce 18 septembre 2025. Et des jeunes, et des inquiets, et des déçus, et des vieux, et des fatigués et le soleil vigoureux pour accompagner le cortège.
Calmes et résolus

N’en déplaise au ministre de l’Intérieur, point de vilains agitateurs qui auraient voulu en découdre avec la police. Des échanges, des questions et l’absence d’illusions quant aux intentions du nouveau premier ministre. Une détermination sans naïveté.
Des syndicats et des gens tout seuls
Au nombre de drapeaux, la CGT était la plus représentée, mais il y avait aussi des cadres, des syndicats enseignants, la Santé, l’Éducation, des paysans, des retraités, des jeunes… toute cette diversité de métiers et de situations unis dans la même adversité, le même sentiment d’injustice.

Pour que le monde change
Loin des banderoles officielles, j’ai toujours trouvé comme un acte touchant, parfois beau, les gens qui fabriquent à la main, avec des bouts de rien, leur propre pancarte et vont la porter à bout de bras tout au long de la manif.
Ce garçon qui avait écrit « pour que le monde change » signait une volonté positive, calligraphiée avec soin, hautement lucide et engagée. Sur une autre pancarte, un peu plus loin, il y avait le mot de « poésie ».
Dans ces manifestations populaires, il y a toujours la part de la provocation, mais celle aussi faite au lyrisme et à l’espoir.
Il y avait ces si jeunes parents remontant le cortège une petite fille entre eux deux. Et le père faisait danser l’enfant. Et ces parents qui s’aimaient visiblement, nous offraient en drapeau leur joie libre. Et l’enfant était entre eux deux, magnifiquement protégée et déjà s’émancipant.
Des vieux se retrouvaient émus. Ils avaient travaillé ensemble autrefois. Des adolescents avaient lâché le lycée pour nous suivre. Accolades, poignées de mains, sourires…
Dans les boutiques, quelques bourgeoises faisaient mine d’être effarouchées. Des touristes aux tables des cafés regardaient passer la manif sans crainte ni animosité.
De la fatigue oui, des gens usés par le régime, certainement, mais une humanité toute vibrante qui mériterait d’être aimée, défendue et respectée un peu mieux, sans condescendance, sans parisianisme, sans intellectualisme.
Parfois, je me demande ce qu’on entend lorsqu’on parle de « peuple ». Je crois qu’il était là dans la rue, demandant juste à faire de belles choses ensemble, pour le peuple et pas pour une élite autoproclamée. Juste ça. Quelque chose qui fasse sens loin de l’impéritie et du mépris au pouvoir.
Je ne suis pas resté à l’Assemblée générale prévue plus tard, vers dix-sept heures, mon dos n’en pouvait plus. Mais oui, il avait raison ce garçon, il faut agir pour. Pour que le monde change…


Un mot en retour ?