Notre focus de la semaine nous conduit de bastide en bastide à la découverte de la 25ème édition de ce festival consacré aux arts de la rue. Avec l’art d’accommoder les restes, nous voici entrant par le versant le plus poétique qui soit. Une réussite qui touche au cœur.
Exercice numéro 1 : trouver le château

Car pour me contredire, on ne commence pas vraiment dans une bastide, mais dans un château en pleine cambrousse. Le château de Requista a priori fermé au public en temps normal et qui va accueillir la scène sous les grands arbres. Idée bienvenue, puisque la torpeur était de retour.

Le pays de Rouergue ne manque pas de ces bâtisses incroyables. On est à la Bastide l’Évêque.
Demeure autrefois d’un riche marchand de cuivre, qui le fit construire en 1530, le château appartient à présent au maire de la commune du Bas Ségala qui en regroupe plusieurs (de communes) depuis quelques années.
Pouvoir d’hier, pouvoir d’aujourd’hui ? Le spectacle était proposé dans les jardins, sous de magnifiques grands arbres.
Le Rocking Chair Théâtre

Sur scène, des marionnettes à taille humaine… mais tout le monde ne comprend pas d’emblée puisque les bras, les mains… semblent bien vivants. Sous le masque de ces gentilles vieilles qui reprennent d’anciennes chansons siciliennes, tout le monde ne comprend pas d’emblée où se situe exactement le leurre…
Esther et Rebecca Marlot et Emmanuelle Ader animent ce spectacle où les airs traditionnels vont réserver quelques surprises.
Voilà un concert marionnettique où les marionnettes se montrent d’une humanité touchante jusque dans leur tremblements, leurs défaillances. Quelle grâce !
Hommage à des racines siciliennes et italiennes fort bien assumées en cette Occitanie, hommage à la vieillesse mais convocation absolue de notre enfant intérieur jusqu’à l’impertinence.
J’ai bien ri quand assis juste devant moi, un vieux mâle blanc éructa sa colère et fit des doigts d’honneur car les dames avaient osé reprendre une chanson de Brigitte Fontaine. Le pauvre bougre était tout choqué qu’on s’en prenne avec humour au pouvoir patriarcal. C’était roboratif.
Et le public ?
Des gens du village, des touristes, des enfants, des vieux, des jeunes, un bébé tout joyeux qui ne se montra pas insensible à la musique.
À part le vieux ronchon de service, l’enthousiasme était là. J’ai trouvé ce spectacle touchant, vibrant et si nous comprenions pas tout des paroles chantées, leur humanisme nous a joliment enveloppé.
« Nous mourrons en joie » disent les marionnettes à un moment ou quelque chose comme ça.
Et j’ai aimé la couleur de ce spectacle aussi touchant que réconfortant. Quelle chouette équipe !


Un mot en retour ?