L’éloignement et l’apaisement qui en découlait avaient nourri l’espoir sinon d’un changement, d’une possibilité d’évolution de la relation. Mais non, toxique un jour, toxique toujours. Alors j’ai mis un point final à la relation toxique. Témoignage.
Faut-il du temps pour comprendre ?
Dans une relation personne n’est parfait. Heureusement. Il s’avère pourtant que certains, spontanés ou sincères , sont aussi à certains moments de leur vie plus vulnérables.
Quand on fait passer les besoins de l’autre avant les siens, on constitue une proie toute désignée. On s’offre en sacrifice. Et c’est déjà voué à l’échec.
Certes, on trouvera dans l’histoire d’une personne dite toxique de quoi expliquer son comportement psychologique. Mais seul un thérapeute peut aider une personne à changer, à la condition qu’elle le veuille. La patience, l’abnégation n’y feront rien… Comprendre n’excuse pas le mal.
Aujourd’hui, quand je regarde cette relation née il y a bientôt quinze ans, je peux me dire tour à tour… « mais comment t’es tu laissé ainsi faire ? » puis, si l’on ne peut rien changer au passé, « bravo ! tu t’en es sorti » et aujourd’hui je peux me féliciter d’avoir su éviter de retomber dans le piège et de céder de nouveau… Je pense même avoir su me transformer et être plus en cohérence avec mes propres besoins…
Je suis désolé
C’est ce que cette personne a écrit l’autre jour après m’avoir envoyé la copie d’une vidéo numérique que je lui avais demandé de détruire il y a longtemps. Rien de pornographique, juste une scène un peu ridicule hors contexte. Peu importe, c’était mon image. En réalité, cette personne n’éprouvait aucun remords et ne pouvait ignorer la demande qui lui avait été faite il y a longtemps· Il est question de droit à l’image. Les textes de Loi sont précis en la matière… Et il y a longtemps que j’avais demandé la destruction de diverses images me concernant. Désolé ? Pas du tout. Ou alors seulement que la tentative de m’amadouer sur le terrain affectif de l’évocation d’un moment heureux du passé ait échoué.
Tu peux me montrer ce joli moment, il ne masque pas les horreurs et trahisons diverses.
Je n’aime pas trop étiqueter : personne au comportement toxique, certains diront pervers narcissique… À l’examen, je vois bien que je ne suis pas le seul à avoir été victime…
Il y a eu plusieurs tentatives…
Par le passé j’avais accepté des concessions jusqu’à renier mes propres valeurs. Le pardon, ça peut être bien s’il engage réellement l’autre dans un choix partagé et constructif. Il y a quelques années déjà, une rupture avait été nécessaire puisqu’à l’époque nous formions une sorte de couple.
Sur le coup, j’aurais presque pu croire avoir été à l’origine de la séparation. En réalité, je découvris quelques temps après que l’autre personne, tout en jouant de la culpabilisation et de la victimisation, avait tout prévu, dans le moindre détail, jusqu’à son point de chute, jusqu’à sa prochaine victime, tout en sachant se faire plaindre… Malin !
Un peu de temps avait passé, nous nous étions revus en toute amitié, je n’aurais surtout pas voulu plus. Mais la personne toxique en recherche de failles, sachant se montrer intrusive et manipulatrice était revenue à la charge jusqu’à créer des situations malsaines au climat destructeur mettant en jeu d’autres personnes, allant jusqu’à me demander secours… et voilà que la « fibre du sacrifice » s’était réveillée un temps en moi… mais j’avais su me sauver.
Je suis parti au loin, coupant tous les ponts à la faveur d’un déménagement lointain. Le hasard fit que quelques temps après nous nous retrouvions à échanger… Renouer ? Je me sentais protégé par la distance. Pourquoi pas échanger…
Une communication biaisée
Puis je compris assez vite que cette communication n’était destinée qu’à exercer une forme de contrôle, me tirer les vers du nez sur ma vie non pas par empathie mais pour tenter de voir si au fond « ça marchait encore« . Entre moments de plaintes, de victimisation, de dénigrement d’autrui pour tenter de me mettre dans la boucle, je perçus après quelques mois d’échanges déséquilibrés que la sincérité n’était pas au rendez-vous. Non, il n’avait pas changé. Oui, il était en quête de proie et méditait déjà quelque projet, sondant « innocemment » s’il y avait encore à tirer de moi…
L’instrumentalisation des moments heureux du passé ne pouvait pas servir de seul viatique à la relation. D’ailleurs je n’étais jamais interrogé sur ce que je vis aujourd’hui, mes projets, ce que je construis de neuf dans un nouveau contexte mais seulement enfermé à double tour dans l’évocation de temps révolus (et qui d’ailleurs furent loin d’être heureux).
Stop !
Je n’ai pas de ressentiment. Mais je n’ai plus aucune raison d’ accepter de retomber dans un tel type de schéma. Je n’ai pas cherché à convaincre. J’ai expliqué, dit que j’arrêtais là, souhaité bonne route et coupé les ponts y compris numériques.
Je suis allé vérifier mes propres dossiers… J’avais déjà supprimé toutes les photos de la personne.
Je n’aurais rien pu lui apporter tant mon contexte de vie, mes aspirations s’expriment autrement. J’ai bien compris que cette personne est restée dans ses schémas ou que nous confronter serait les réactiver.
Je ne peux que lui souhaiter de trouver la volonté et les aides thérapeutiques nécessaires, mais cela ne me regarde pas.
Je me sens soulagé de n’avoir plus ce fil à la patte, ce fil inutile du passé négatif. La question n’est pas de renier ou d’oublier mais de marcher, avancer, construire…
J’ai noté tout cela en me disant que peut-être cela ferait écho pour certains à des situations que nous sommes nombreuses et nombreux à vivre ou avoir vécu…

Un mot en retour ?