Il paraît que Jésus m’aime


Place fontaine à Villefranche de Rouergue

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2–3 minutes

C’est en faisant mon tour ce matin, à la fraîche que j’ai appris ça. D’abord je ne m’y attendais pas du tout. J’ai trouvé la chose un peu malaisante. Il paraît que Jésus m’aime. Soit. Enfin, il paraît que la cheville de Gégé va mieux, mais ils l’avaient opéré de travers, c’est pas possible !

Le soleil dans les yeux

Quand tu remontes vers la collégiale, le matin tôt, tu as le soleil dans les yeux. Mais au moins la place Notre-Dame est encore à l’ombre. Plus ou moins.

Marché de Villefranche de Rouergue

La cheville de Gégé

Même dans la Dépêche, ils te disent pas tout. C’est au marché que j’ai appris que la cheville de Gégé va mieux. Mais qu’ils l’avaient opéré de travers et charcuté comme un malheureux. Je te passe les détails. Il a souffert. Pour l’instant, il ne peut pas trop marcher, l’infirmière passe pour ses bandages, de toute façon, c’est pas recommandé qu’il sorte à cause de la chaleur. Mais il nous enterrera tous. C’est sûr, à bientôt ! Pardon.

Au frais dans la collégiale

Les portes étaient largement ouvertes, alors je suis entré. Les églises par ici sont accueillantes. Pour un peu on croirait. Le matin tôt, dans les petites chapelles sur le côté, il y a des dames qui prient intensément. Elles prient comme elles tricotent. Leur chapelet glisse entre les doigts, elles savent par cœur. Je suis passé devant la pancarte où Jésus m’a fait son coming-out. J’aime bien les longs cheveux d’habitude, mais je sais pas, l’écart d’âge, le look, tout ça. Je n’ai pas osé lui dire « fais une croix dessus »ou « désolé pas mon style ». Je comprends. Bon il m’aime, mais visiblement il aime tout le monde. Probablement un manque affectif dû à un problème psychologique dans la petite enfance.

Jesus

Et le chat et la fontaine

Bref, je suis ressorti. Il se passe mille choses dans les rues et le chat me guettait de sa fenêtre. Villefranche de Rouergue est la ville des chats. Ils ont mille ruelles, mille passages, mille recoins pour se glisser, se faufiler et ils ne sont pas trop sauvages.

Oui je suis passé du côté de la fontaine. Forcément. C’est juste à côté du marché et soudainement c’est déjà beaucoup plus calme. Pourtant cette petite place me bouleverse à chaque fois et les marches qui descendent à la fontaine sont un pur objet de poésie.

Je le dis et le redis ici, je vous saoule avec, mais Villefranche de Rouergue est ma préférée. Si j’aime la petite cousine Villeneuve, et si Figeac de l’autre côté du Lot me touche, cette petite ville possède ce mélange de mystère, de bienveillance, de tendresse, de souffrances, d’humanité, de vérité, de simplicité et de raffinement, de poésie ! qui m’émeut aux tréfonds depuis que je l’ai découverte dans l’autre siècle.

Alors Jésus, je suis pas sûr, mais toute cette humanité qui se lit dans les pierres ici, oui !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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