Pour être honnête, en tant qu’ancien chef des remplaçants de l’équipe de foot au collège, mon expertise et mon intérêt pour ce sport restent limités. Que ce soit l’Espagne ou le Pakistan face à la France m’indiffère, je ne regarderai pas plus ce match que les précédents. Rien de plus ennuyeux. Mais que la France perde dignement permettrait de revenir plus vite aux sujets sérieux.
Le formatage des esprits par le sport de compétition c’est pas nouveau
Qui se souvient des écrits provocateurs mais vivifiants de Jean-Marie Brohm ? Le sport est à ses yeux politique, moyen de gouvernement, de pression sur l’opinion. Le sport de compétition est fortement lié au système économique, brasse des sommes colossales, au service du système capitaliste et entraîne avec lui les grands médias.
Érigé en spectacle, il montre d’un côté des stars qui agissent et face à eux des supporters dont les plus exaltés agitent des drapeaux, s’imbibent d’alcool, dérivent dans le racisme et le nationalisme.
Le plus aimable des citoyens qui ne fait pas de sport, se retrouve à hurler sur son canapé devant sa télévision, une bière à la main.
Des gens qui n’ont pas joué, hurlent « on a gagné ! ».
La joie ou la tristesse sont imposés et celle ou celui qui ne s’intéresse pas, est prié de se taire ou d’attendre que ça passe.
Tous les politiques complices
Pour paraître sympathiques, tous les politiques minimisent. « C’est un grand moment d’unité (nationale), une fête partagée, on n’en a pas tant ! »
Et l’on voit notamment des leaders y compris de gauche venir encourager l’équipe de France dans des « tweets » débiles alors que je ne les entends jamais défendre les petits clubs sportifs qui vivotent.
Il va de soi que chacune et chacun est prié d’aimer le foot, de défendre l’équipe nationale et dire le contraire est pratiquement se présenter comme un traître à la nation.
Je n’entends pas les politiques promouvoir une pratique populaire du sport où le plaisir primerait sur la compétition, où l’inclusion, la beauté du geste sportif et le fair-play seraient érigés en valeurs.
La fausse normalisation
Au passage, démontrant en réalité que le système ne va pas, on voit un football féminin se développer et qui tente d’être reconnu. Mais ça ne marche pas vraiment. Le foot c’est un sport de machos. Des équipes gays se sont constituées rappelant en creux l’homophobie inhérente à ces pratiques compétitives.
Je me souviendrai toujours, dès le collège quand les « capitaines » formaient les équipes en choisissant les copains : les derniers à être choisis c’étaient les pas costauds, les gros et les gays ou les « pas trop virils » .
Ce qu’il faudrait, ce serait des équipes mélangées dont le but serait de jouer pas d’éliminer.
Un 14 juillet
Ce 14 juillet, jour de canicule, pendant que les services de santé tentent de tenir et que les pompiers essaient de sauver les forêts, nous allons voir nos impôts défiler comme si on pouvait jeter de l’argent par les fenêtres. Le Président sortant pourra s’enorgueillir d’une si belle réussite et continuer de promouvoir son approche belliciste. La guerre est devant nous, à présent inéluctable.
Si l’équipe de France gagne ce soir, ce sera pain béni pour le Président sortant. L’excitation des esprits sera à son comble.
Le ministre de l’intérieur le sait bien au fond, il faudra réprimer les excités, preuve de plus de ce que le sport engendre.
Le faible espoir viendra du local
Rien à espérer ni à attendre « d’en haut ». Aucune remis en question du système établi ne viendra ni des politiques, ni des médias… peut-être de certains sportifs un peu courageux, celles et ceux notamment qui encore jeunes, se retrouvent exclu·es du sport professionnel et jetés comme des chaussettes usagées pourraient porter « d’en bas » de nouvelles pratiques.
Celles et ceux là pourraient proposer des initiatives locales où le plaisir d’un sport inclusif fondé sur la coopération serait d’engager chacune et chacun au jeu, pour le plaisir. Il faudrait cesser avec l’esprit de clocher, oublier les compétitions, mélanger les équipes et développer l’esprit d’entraide, la découverte de l’autre… On donnerait des points à l’équipe où l’on passerait la balle au plus grand nombre de joueurs, blesserait le moins possible l’adversaire…
La canicule qui s’impose aujourd’hui est la conséquence non pas évidemment du foot commercial, mais du même esprit de compétition qui a sacrifié l’intérêt du vivant au profit immédiat.
Je sais bien que je suis marginal, inaudible et que mes propos ne susciteront que le mépris de celles et ceux qui se sentiraient attaqués dans leurs propres conceptions. On n’aime guère les troubleurs de fête.
Brassens chantait ça très bien.
Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme
Mais les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux
Non, les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux
C’est au passage une chanson inclusive malgré son ton qui pourrait laisser penser le contraire.
Donc ce n’est que mon point de vue mais souffrez qu’en ces lieux (ce site) je puisse exprimer ce que je pense.

Un mot en retour ?