Le Louvre renie l’Universel

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Pyramide
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La mesure a été évoquée de façon presque anecdotique suscitant peu de réactions. Les étrangers hors Union Européenne paieront plus cher à partir de ce 14 janvier 2026 pour visiter le Louvre. D’autres lieux ailleurs sont concernés. En faisant cela le Louvre renie l’Universel et nuit au rayonnement de la Culture.


Le Louvre est dépositaire pas propriétaire

Le Louvre est aujourd’hui géré comme une entreprise. On a d’ailleurs vu combien il est mal géré puisque des choix budgétaires ont défavorisé la sécurisation des biens. La vétusté des locaux a été dénoncée.

Il faut quand même rappeler qu’à l’instar d’autres grands musées, les collections du Louvre ont été constituées de confiscations révolutionnaires, d’anciennes collections royales, de prises de guerre ou même de contextes coloniaux.

Le musée est certes le (mauvais) gestionnaire mais il n’est pas le propriétaire moral. Il est le détenteur légal de biens culturels et dès la Révolution il a été voulu comme un lieu destiné à l’instruction ou l’édification de toutes et tous.

L’UNESCO ne manque pas à propos de ces œuvres d’Art et traces de l’histoire de parler de patrimoine de l’humanité. On voit là des œuvres circuler, ailleurs des retours vers les pays d’origine notamment lorsqu’il est avéré que des collections ont été constituées à la suite de pillages ou de prises de guerre.

Si l’on considère que c’est un patrimoine universel, alors, l’objectif doit être de favoriser son accès à toutes et tous et non d’instituer la moindre ségrégation.

Le Louvre préfère les étrangers riches

Non seulement le Louvre se déshonore en exigeant que l’on prouve sa nationalité française ou européenne dans la file d’attente, mais il montre qu’il préfère n’accueillir que les plus riches parmi les étrangers.

Discrimination au passeport et selon le portefeuille. C’est une double ségrégation.

Elle n’étonne pas quand on sait que la maire du septième arrondissement de Paris accessoirement ministre de la Culture porte régulièrement ce type de mesure.

C’est une approche étriquée et c’est surtout une vision hautement compatible avec celle de l’extrême droite aux portes du pouvoir. L’extrême droite porte une vision figée de la Culture qu’elle fige et hiérarchise refusant tout ce qui pourrait transgresser.

De rares voix pour résister et dénoncer la mesure

Patric Poncet , universitaire, a dénoncé le retour à un nationalisme décomplexé et les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme dans l’indifférence quasi générale.

Bien sûr, le récit sur la difficulté de trouver un budget pour le pays relègue la Culture au rang des accessoires et il est facile de minimiser le problème et de passer très vite à d’autres sujets.

La Culture devrait pourtant être une priorité et l’accès aux musées favorisé dans le pays comme lorsque nous recevons du public qui vient de l’étranger. Visiter un musée ne doit pas être une activité touristique mais une activité culturelle. L’accès aux richesses d’un musée est un rempart contre l’obscurantisme, l’extrémisme. Aller au musée ouvre l’esprit, enseigne notamment à considérer l’humanité par sa formidable aptitude universelle à créer, inventer, faire poésie et Art.

Le problème est que l’on s’en tient à une vision comptable, faisant fi de l’éthique et des valeurs. On néglige l’image renvoyée notamment aux ressortissants de pays dont viennent certaines œuvres exposées.

Petits et grands musées, tous devraient avoir à cœur d’ouvrir plus largement les portes, de désacraliser l’accès aux œuvres… Il faudrait changer de paradigme dans ce domaine comme d’autres et résister à la facilité.

Louvre

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