Juste une illusion ? Non aucune, hélas


une salle de cinéma

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3–4 minutes

Une débauche de moyens pour reconstituer les années 80 n’a pas permis d’inspirer un scénario original, ni de nourrir des dialogues percutants. Les comédiens font ce qu’ils peuvent. Seuls les ados s’en sortent à peu près. Le film pêche surtout par ses longueurs et ses poncifs navrants infligés tout au long de presque deux heures ennuyeuses.

Un mauvais téléfilm

C’est le genre de truc qu’on regardait autrefois à la téloche un dimanche après-midi de pluie et d’ennui. Idéal pour faire la sieste et lorsqu’on se réveillait, un peu abasourdi, on éteignait en reprenant ses esprits. Si c’était pour nous rappeler cette ambiance, c’est parfait !

Je ne me suis pas levé pour ne pas déranger la dame à côté. J’ai des scrupules.

Le cinéma commercial ça me va quand il y a du rythme, que c’est bien filmé, que les dialogues sont percutants et ont quelque chose à dire.

Une famille, deux ados, l’un de treize au centre du film. Un père cadre qui cache qu’il est au chômage (on a vu ça cent fois) , une mère qui tente de s’initier à l’informatique et devient « directrice commerciale » en peu de temps (pas crédible)… Une chambre à lui manque au plus jeune, ç’aurait pu être le thème du film, la difficulté de prendre sa place dans cette famille, de s’émanciper du poids de la religion. Le personnage est effleuré.

Les seconds rôles, la petite amie ou les copains, on les a vu mille fois avec cette fausse inclusivité qui s’exonère d’aller au réel de l’époque pour se contenter d’un succédané sucré. Il est des comédies où l’on donne de la place à ces petits rôles pour un bon mot, une formule qui deviendra culte. Là, rien. Vide sidéral. On ne sait même pas leur nom.

L’aîné qui trafique sans qu’on sache vraiment quoi (et il est un peu trop beau)… Le scénario plein d’invraisemblances (pourquoi vouloir rendre une cassette porno subtilisée à l’insu de la commerçante ? pourquoi le concierge n’abuse pas plus d’une situation servie sur un plateau ?), tout cela donne une impression de bricolage brouillon et d’un cruel manque d’inventivité.

Garrel et Cottin peinent à donner du corps à leurs personnages mais il est vrai que les dialogues comme l’indigence du scénario ne les aident pas.

Pourquoi faire danser si longtemps la pauvre mère de famille dans son salon ?

S’il y avait eu un rien de second degré, une capacité à franchir les limites… on aurait pu suivre. On aurait presque mis une pièce de plus pour qu’enfin surgisse un vrai trait d’humour, qu’un moment sensible se dégage… Rien.

Le baiser sous la pluie des deux ados, ils ont osé !

Voilà un film qui est au cinéma ce qu’est Mac Do à la bonne cuisine d’un resto du coin : sucré, ça ne nourrit pas, et dilué comme l’eau ajoutée au Coca…

Pognon perdu, talents gâchés

Je dois ranger mon indignation, ce n’est pas si grave. J’en ai déjà vu des navets. Là où c’est triste c’est ce consensus mou qui porte au pinacle un cinéma qui dépense beaucoup pour n’inventer rien. Et encore plus triste quand on sait que des cinéastes attendent dans l’ombre de trouver un budget pour des projets qui ne resserviraient pas le même potage.

Aucune illusion à avoir. J’ai perdu mon temps.


Juste une illusion
France2026
Réalisation : Éric Toledano, Olivier Nakache
Scénario : Olivier Nakache, Éric Toledano
Image : Augustin Barbaroux
Décors : Jean Rabasse
Producteur(s) : Nicolas Duval Adassovsky, Olivier Nakache, Éric Toledano, Hervé Ruet
Production : Quad Productions, Ten Cinéma
Interprétation : Simon Boulbil (Vincent Dayan), Louis Garrel (Yves Dayan), Camille Cottin (Sandrine Dayan), Pierre Lottin (M. Berger)…
Distributeur : Gaumont
Date de sortie : 15 avril 2026
Durée : 1h56


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2 réponses à « Juste une illusion ? Non aucune, hélas »

  1. Avatar de Gilins3

    @vbreton

    Ce film a fait l’objet d’une promotion au JT de 13heures de France2 par un Julien Bugier très enthousiaste.

    Merci pour ce retour critique qui équilibre la balance.

    1. Avatar de Vincent Breton

      Ah, Julian Bugier ( censuré) .. mais il est né en 80… 🤗 je vois bien que tout le monde encense ce navet sirupeux, me voici dans le rôle du grincheux !

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