Je demandais ailleurs « de quoi ne pourrais-je me passer ? » Forcément on me cita ces stances de Voltaire. On oublie parfois le dernier couplet ce qui peut-être en changerait le sens. En voici pour m’amuser, la version chantée de ces stances.
Audiogramme
Le texte de Voltaire
Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer, il est triste d’être homme
Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété ;
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.
Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.
Il faut le soir, un souper délectable,
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et, sans être ivre, il faut sortir de table.
Il faut, la nuit, tenir entre deux draps,
Le tendre objet que notre cœur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et, le matin, recommencer encore.
Mes chers amis, avouez que voilà
De quoi passer une assez douce vie :
Or, dès l’instant que j’aimai ma Sylvie,
Sans trop chercher j’ai trouvé tout cela.
Voltaire (Stances)

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