Ce 18 juillet, c’était l’heure des premiers concerts de la saison 2025 à Africajarc. Du bord du Nil au bord du Lot, le public était présent pour soutenir les artistes, alors que le festival est encore fragilisé par une baisse de subventions. Très belle ouverture avec des artistes, des festivaliers et une association qui entrent en résistance.
Cajarc village africain
La symbiose fonctionne entre le village médiéval lotois et les voyageurs. En ce moment ce ne sont pas les marcheurs de Compostelle qu’on voit le plus mais les festivaliers, les artistes et les divers intervenants venus d’Afrique et d’ailleurs.
Des raisons de sécurité, de règles à respecter, de coût, ont relégué le marché près de l’ancienne gare. L’an dernier, j’avais tellement aimé voir le marché africain intégrer pleinement au village avec d’ailleurs un impact positif sur les commerçants locaux. Là, même si certains événements ont lieu dans le village, on éprouve tout de même un léger malaise… Comme si invitant des amis à la maison, je ne les laissais s’installer que dans l’allée sans accéder au jardin et aux pièces… J’ai observé un service de sécurité discret mais plus présent…
L’association n’est pas en cause. Tous les organisateurs sont bénévoles. On sent bien qu’ils composent avec un contexte complexe. 20% de subventions en moins a-t-il été annoncé depuis la scène alors que les concerts sont offerts gratuitement, que la fréquentation est au rendez-vous et les artistes de qualité.
L’an dernier le climat politique pesait déjà. Cette année, on sent l’inquiétude et les artistes qui viennent souvent de pays où la liberté est malmenée rendent perceptibles les menaces qui pèsent. Alors au delà de la simple expression artistique et culturelle – ce qui est déjà beaucoup – ce sont des enjeux considérables qui se jouent.
Vive le métissage !
Un public acquis. Des vieux beaucoup. Des jeunes et des enfants… quelques chiens. Sous le regard attentif des bénévoles et des secouristes, chacune, chacun prenait sa place dans le théâtre de verdure mais il faut aller au pied de la scène !
J’ai profité de deux concerts. Ihab Radwan égyptien maître du Oud faisait duo avec le tunisien Elies Ghourabi. Entre passé et modernité, c’est une musique qui fait sens par les liens qu’elle a su tisser jusqu’en Europe. La poésie, la métaphore comme arme aussi de résistance. Virtuosité, construction complexe des rythmes, quel beau moment !
J’ai découvert Amira Kheir et son groupe. Elle est d’origine Soudanaise, mais est née à Turin et vit à Londres !

Je regrette que les programmes ne donnent pas le nom de ses musiciens, mais je crois avoir retrouvé qui l’accompagnait ce soir : Nadir Ramzy – oud, percussion, Tal Janes –remarquable à la guitare électrique; Michele Montolli – à la basse et Leandro Mancini à la batterie… Jolie complicité tous communiquent entre eux sans ego mal placé…

Amir Kheir elle même est saisissante. Étonnante par son calme apparent, elle laisse sa voix prendre une ampleur qui fait qu’elle est souvent comparée aux plus grandes voix du jazz. Intensité, puissance, précision entre rythmes traditionnels et couleurs contemporaines, quelle présence par sa seule interprétation ! Cela m’a donné envie de creuser et trouver ses albums.

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