Des guêpes dans la serrure


le chêne près des cazelles à Gréalou

·

2–3 minutes

Chacun son actualité. La mienne, c’était des guêpes dans la serrure du portail métallique. J’ai été piqué par surprise. L’essence de lavande sur mon bras. Je ne suis pas allergique. Le venin de l’insecte court en moi. Étrange sensation aiguë. Je ne voudrais pas les déranger, mais c’est le passage obligé. Que personne ne soit piqué. Guêpes amoureuses du métal brûlant, elles aiment la canicule mieux que moi.


L’instant présent

Les guêpes te ramènent à la réalité de l’instant présent. Les guêpes et les frelons et tout ce que vous voulez de ces peuples d’insectes qui nous font peur. Et c’est idiot et injuste et la punition que nous avons voulu infliger à ces insectes comme à d’autres espèces supposées nuisibles, s’est toujours retournée contre nous.

Mais les guêpes par leur présence discrète obligent à vérifier les cabanes, les recoins, les buissons… La boite aux lettres leur a beaucoup plu. L’abri métallique aussi. L’an dernier un immense nid de guêpes maçonnes avait été installé sur la terrasse !

Espèces d’animaux susceptibles d’occasionner des dégâts

Depuis 2016, on est censé ne plus dire nuisible. Mais même l’idée de dégâts est problématique. Les dégâts dans la nature proviennent d’un déséquilibre, d’une autorégulation qui ne se fait plus parce qu’un acteur est absent…

L’homme éprouve encore du mal à passer de la domination d’ailleurs impossible course infinie à la régulation par la recherche de l’équilibre.

La principale espèce susceptible d’occasionner des dégâts nous la connaissons bien !

Interlude

Ces petits événements qui agitent le jardin ou la vie de la maison – je ne suis toujours pas certain d’avoir vu un rongeur dans le compost- nous conduisent à revenir à cet espace de proximité. Mieux l’observer, mieux le comprendre. Se relier à cette vie multiple que nous ne regardons ou n’écoutons plus.

Les fourmis ici se délectent de tout. Les papillons font la fête à l’arbre qui porte bien son nom. Quelques lézards passent parfois… mais la chatte les effraie. Je sais qu’elle peut nuire aussi aux rongeurs mais elle n’en rapporte plus.

Ce matin à cinq heures, outre que le chien et la chatte avaient décidé que c’était l’heure et qu’il fallait profiter de la fraicheur du jardin, ce sont les aboiements des chevreuils qui ont agité le causse. Comme une alerte répétée… Je ne saurai jamais ce qu’il s’est passé…

Ces dernières semaines, j’en ai vu trop souvent morts dans les fossés. Comme des renards ou des lièvres. Victimes d’une espèce susceptible d’occasionner des dégâts.

Le soir après vingt et une heures, les pipistrelles sortent des tuiles de la maison et entament leurs raids rapides et impitoyables.

Être présent à les observer lave l’esprit.

Les espèces d’insectes, les rongeurs, les écureuils, les oiseaux, les rapaces. Le spectacle est là pour qui sait l’observer. Je regrette souvent de n’avoir pas toutes les clés pour les reconnaître.

Après ces spectacles, le journal télévisé me semble triste, effarant. Vain.

Mais je ne veux pas non plus laisser croire que les hommes ne seraient que nuisibles. Cette posture qui consiste à culpabiliser l’humain n’est pas utile. Responsabiliser, allier, relier… serait mieux.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI

dernières publications

Les commentaires

Commentez, ou publiez une réponse sur votre blog (avec un lien vers cet article) ou sur le Fediverse (Mastodon, etc.) : elle apparaîtra ici.

Un mot en retour ?

Vous souhaitez citer cet article sur votre site ? Indiquez simplement votre lien ici.