Ces jours qui viennent 133 bonhommes en robe vont élire un bonhomme en robe. Les médias vont théâtraliser la mise en scène, l’attente de la fumée blanche, tout ça… On affiche un bel unanimisme. Personne pour s’indigner que les femmes restent exclues de la désignation du Pape, comme elles le sont encore des responsabilités réelles ou du droit de célébrer la messe au sein de l’Église catholique. Tout juste si on concède que ça « pourrait progresser »… Ça reste une affaire de mecs.
Une papesse s’il vous plaît !
D’accord, ce n’est pas la seule religion misogyne. Même le Dalaï Lama en 2015, avait déclaré qu’une femme pourrait lui succéder à la condition qu’elle soit « très séduisante ». Il y a bien quelques pasteures, quelques imames et des rabbines… La prétendue égalité devant Dieu reste absente dans le concret des responsabilités et surtout dans le partage du pouvoir.
Si le pouvoir politique feint de mettre en œuvre la parité, on est évidemment loin de voir une réelle égalité des droits entre toutes les personnes dans ce pays. Ne parlons pas des salaires…
Il n’empêche que l’Église catholique s’enferre dans une vision rétrograde. D’autres font pire ailleurs, bien pire… mais justement, pourquoi leur donner crédit en ne se réformant pas ?
Je me mêle de ce qui ne me regarde pas ? Mais combien de fois l’Église s’est-elle mêlée de ma vie privée et s’en mêle encore ?
Il ne s’y est pas trompé
Le roi du patriarcat ne s’y est pas trompé en s’amusant à s’afficher en pape grâce à l’IA. Cette image est donnée pour rappel. Les catholiques firent mine de se choquer de l’outrage, pourtant Trump est bien le pape des réacs.
La complaisance
Que l’on évoque la mort du Pape, les cérémonies, l’élection du nouveau Pape… très bien. Ce qui est incroyable c’est la façon dont les médias offrent de la publicité gratuite à cette église sans jamais introduire le moindre regard critique.
Il ne s’agit pas de sombrer dans l’attitude laïcarde la plus crétine. Il serait bon toutefois d’interroger cette allégeance de l’Église au patriarcat et de rappeler ses conséquences pour la société toute entière : qu’il s’agisse de l’émancipation des femmes, du respect de la personne (Bétharram en est une sinistre illustration)…
Que l’on trouve sympathique un pape pseudo-progressiste n’excuse pas tout le reste… que l’on occulte tout ce que cela a engendré est affligeant.
Le formatage des esprits
Je rappelle souvent cette anecdote quand j’étais à l’école primaire :
Un jour, dans la cour de l’école (laïque, publique et républicaine des années soixante), je confie à mes copains que je n’étais pas baptisé. Je ne le suis toujours pas d’ailleurs. Les uns poussent des cris d’orfraie, un autre me dit « c’est pas possible, tu serais mort… » On refusait absolument de me croire. Comme j’insistais, le gars voulut soumettre la question à Thierry M. qui était le premier de la classe et « savait tout ». Le grand Thierry arriva donc avec la dignité d’un évêque, son autorité de premier de la classe, me contempla comme si j’étais un objet étrange, prit son menton entre ses doigts pour réfléchir à la question : était-il donc possible que je ne sois pas baptisé ?
Après un moment de suspense qui parut une éternité, il conclut doctement et rendit son verdict : « si, c’est possible, mais il ira en enfer ! »
Autres cris d’orfraie… Les copains se mirent presque à me prendre en pitié.
En plus, je n’aurai pas de montre pour ma communion.
J’avais beau ne pas croire en Dieu et à toutes ces histoires, je me voyais déjà singularisé sinon jugé, exclu. Tout comme j’avais compris que des parents « divorcés » ce n’était pas « normal » ni correct vis à vis de la religion.
Obscurantisme
Sommes-nous plongés dans une nouvelle période où l’obscurantisme va se déployer partout ? C’est plus complexe que ça. Il y a des avancées formidables. Mais tout de même, quand les uns ne sombrent pas dans la complaisance, les autres semblent bien timides à simplement faire émerger une pluralité de point de vue.
Et si ce n’était que sur ce seul sujet…

Un mot en retour ?