Vivre en poésie est une démarche de design de vie

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Design

Chacune et chacun construit son modèle en cheminant. Pour moi, vivre en poésie est une démarche de design de vie. Il faut parfois plusieurs boussoles. Celle des valeurs, celle des besoins réels, celle de l’énergie. En s’allégeant, en se débarrassant de croyances inutiles, on trouve des solutions éclairantes et simples qui aident à prendre une meilleure place dans le présent et permettent de vivre ses projets dans le « flow »…


Une affaire de cohérence personnelle

Pas de recette, pas de dogme, pas de vérité à imposer à autrui. Rien de figé non plus pour soi-même. C’est une façon de respecter la liberté et l’espoir et qui s’applique à soi même comme à la vie collective.

La peur, la culpabilité, la réitération forcenée d’erreurs ne mènent à rien.

Le ressassement des échecs est inutile mais l’écoute attentive de l’expérience permet de s’épargner de nouveaux aléas surtout quand l’énergie décroit.

Le ressentiment, la disqualification d’autrui comme de soi même sont des pertes de temps.

Il suffit parfois d’un léger décalage, de se décentrer, de sortir du cadre, de prendre un rien de recul et soudainement, on comprend que telle contrainte peut se lever et que l’on peut choisir ce qui conviendra le mieux.

Ce que je dis, ce que je fais peut toujours s’interroger : est-ce que ça correspond à mes valeurs ? est-ce que ça va répondre à mes besoins réels, me faire du bien au delà de l’instant sans nuire à autrui ?

Choisir de créer sa vie

La question n’est pas de chercher un sens à sa vie, ni d’attendre de créer les bonnes conditions pour concevoir ensuite un projet. À tout moment, il est possible de se poser, regarder les choses, examiner son propre habitus.

Il s’agit de donner un sens à sa vie et de choisir. Si nous faisons les choses par « devoir », par « sacrifice », c’est que nous commençons à céder la maîtrise de notre propre destin. L’engagement, la conviction sont de bien meilleurs moteurs.

J’ai appris et ce n’est pas terminé, à mieux me connecter au réel, au présent.

Les points cardinaux de la boussole se définissent autour du centre des valeurs.

Boussole

Chacune et chacun définit son propre socle de valeurs : la dignité de chacune et chacun, l’égalité, la fraternité, l’autonomie, l’émancipation, le refus de la violence à soi ou autrui, la liberté de conscience en sont quelques unes qui peuvent se décliner tour à tour.

Pour nourrir ma vie, que ma journée soit réussie, je veux pouvoir apprendre chaque jour, créer, partager et prendre soin…

Cela doit pouvoir se faire avec souplesse, permettant notamment d’avancer par phases autour de projets ciblés me permettant de me centrer, de plonger dans ce que je souhaite mener à bien, de pouvoir vivre ce que je fais dans « le flow ».

Ne pas confondre gestion du temps et gestion de l’énergie

S’il faut une part de rituels, de repères… les habitudes doivent être « conscientes », c’est à dire qu’on peut les justifier et elles ne doivent pas être envahissantes ou perdre du sens.

Par exemple, je peux choisir la façon dont je vais recevoir l’information extérieure, les nouvelles du monde pour qu’elles n’impactent pas négativement ma journée. Il y a une heure à laquelle mon smartphone est coupé. J’abandonne les chaînes d’information en continu pour préférer des temps ciblés. Je préfère l’écrit plus documenté aux annonces laissant trop de place aux émotions et pas assez à l’analyse.

Je ne me laisse plus confisquer mon temps et j’apprends même à laisser des cases « blanches », vides dans mon emploi du temps, car elles vont nourrir ma créativité ou me permettre de trouver des solutions à des problèmes qui peuvent bloquer la fluidité de ma journée.

Les petits dévorateurs de temps s’insinuent dans nos vies modernes jusqu’à la campagne. Je trouve plus de récompense et de mieux être à m’en alléger que de craindre de manquer quelque chose (une notification, un appel, un message…). J’ai des choses à mener, à prévoir mais il y a très peu de véritables urgences dans une vie ordinaire (je ne parle pas des gens qui subissent la violence). L’impatience est un ennemi pervers.

On est dans un mélange de lâcher prise nécessaire sur ce qui n’est pas véritablement urgent ou que je ne peux résoudre sur le moment et d’engagement sur ce que j’ai choisi de faire.

Bien sûr cela suppose de pouvoir s’exprimer dans ses besoins en toute assertivité, de pouvoir être compris par son entourage ou d’avoir le courage de s’en libérer, d’agir par conviction et non pour plaire aux autres. On revient aux valeurs.

Mon énergie est bonne quand je sais où je vais, quand je n’ai pas « la pression », quand je suis motivé et que j’ai également pris soin de moi et de ma santé non en déléguant à autrui mais en agissant « préventivement » et au fil de l’eau…

Questionner ce que je peux faire et oser faire autrement

Il arrive que je mijote, me laisse tourmenter ou engluer dans la résolutions de certains problèmes ou questions. Ils peuvent être d’ordre pratique, plus philosophiques ou liés à la création.

Je note souvent que le souci du détail ou le perfectionnisme peuvent me nuire en m’empêchant notamment d’observer le problème dans sa globalité.

Il faut pouvoir se décentrer : mais quel est le problème réel, quel est le but du projet que je me donne, qu’est-ce qui compte pour y parvenir ?

Dans un monde complexe, s’il n’y a pas de réponse binaire efficace, la solution tient pourtant beaucoup plus souvent qu’on ne le pense dans des réponses simples.

Par exemple, en interrogeant la conception même de ce site, j’ai vu comment je pouvais améliorer les choses en simplifiant, en allégeant, en pensant l’espace d’un point de vue digital (celui de l’utilisateur), en me libérant de contraintes comme les statistiques inutiles ou la gestion des commentaires… Ou bien, pour donner un exemple concret après l’emménagement dans un nouveau logement, j’ai trouvé après plusieurs mois des solutions pour aménager l’espace en pensant fluidité et allégement. Des solutions auxquelles je n’avais pas pensé initialement car il fallait bousculer mon habitus mais qui m’apportent un réel bien être et facilitent le quotidien.

Une esthétique de vie

La curiosité, la recherche du beau, de la fluidité peuvent s’effectuer au quotidien en vivant pleinement ce que je veux vivre.

L’ergonomie de nos espaces de vie ou de travail, affecte notre façon de penser.

Je le voyais déjà, enseignant dans les classes où j’ai appris que surcharger les murs d’affiches et de référents n’aidait pas les élèves. Au contraire. Mais leur enseigner où trouver la bonne affiche en fonction de leur question ou projet du moment les rendait beaucoup plus actifs.

Chaque bricoleur connaît la problématique d’un atelier où il ne s’agit pas d’accumuler sans discernement mais de savoir où trouver le bon outil au service de son besoin ou de son inspiration.

Parfois la sérendipité va nous permettre de trouver de façon inattendue une solution, une libération… Mais bon sang, bien sûr ! Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ?

Art de vie, style de vie… Tout se tient jusqu’à la tenue que l’on va choisir, ce que nous mettons dans notre assiette, ce que nous écoutons, notre façon de conduire notre automobile, de nous comporter avec autrui, de nous conduire…

Partager et recevoir d’autrui

Si apprendre permet d’intégrer les apports d’autrui, dans la dynamique où je me trouve j’ai surtout développé le partage, l’apport vers les autres. C’est lié à mes métiers d’antan comme à nombre de mes activités d’aujourd’hui. Dans l’apprendre j’intègre au sens large les découvertes culturelles… Peut-être ma boussole pourrait-elle s’enrichir d’une attention soutenue et plus explicite à savoir recevoir d’autrui. Recevoir une expérience de vie, appréhender une approche complémentaire… Je le fais mais peut-être pas assez avec retour et peut-être moins qu’à d’autres époques de ma vie dans la dynamique partagée du « faire ensemble », de la beauté de cette aventure collective à l’instar de ce que je vivais quand je vivais l’expérience d’une « troupe de théâtre ». Dans une société qui tend à l’individualisme, nul doute qu’il y aurait de quoi élargir encore le spectre des découvertes… Alors, il faut aussi se montrer disponible à ce possible.

Ce qui est épatant c’est qu’on apprend, mais qu’on s’apprend aussi en libérant des digues intérieures, en ouvrant des portes symboliques en soi et vers autrui…

Vivre en poésie c’est accepter d’être heureuse ou heureux.

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©Vincent Breton — Vivons heureux en poésie !

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