France Musique c’est le service public. Dans ma campagne perdue, je l’écoute souvent en voiture sur la FM notamment grâce à l’émetteur de Villefranche de Rouergue. Pour des raisons économiques, ça risque d’être bientôt du passé ou difficile selon les trajets. À la maison peut-être faudra-t-il passer par Internet ou le DAB+ (quand?) avec des aménagements qu’il faudra payer. Qui a eu cette sombre idée ? Veulent-ils tuer France Musique ?
Un calendrier flou, une opacité inquiétante
Comme le dit cet article de CB News : « L’Arcom a fixé à l’ensemble des radios l’objectif de basculer au tout-numérique en 2033, avec le DAB+ d’une part et internet de l’autre. Largement ignoré du grand public, cet enjeu est crucial pour la filière, partout en Europe. Le DAB+ offre une meilleure qualité sonore avec des coûts de transmission moindres que la FM, ne nécessite plus de connaître la fréquence d’une radio pour l’écouter et permet de rester sur la même station, sans grésillements ni interruption, lors d’un long trajet en voiture. »
D’ici la fin de l’été France Musique ne couvrira plus en FM 93% de la population mais environ 70%.
Sur le site, impossible de trouver des infos précises : qui sera concerné, où ? quel calendrier précis ?
Ne risque-t-on pas de voir les petits émetteurs locaux sacrifiés ?
Dans des régions comme le Rouergue, on risque d’attendre la couverture en DAB+.
Un problème d’équipement
À la maison, il faudra donc attendre la possibilité de s’équiper, consacrer de la bande passante à l’écoute via Internet avec une qualité pas forcément optimale.
En auto, il serait théoriquement possible de passer par l’application du smartphone connecté en Bluetooth à la voiture sauf que ça mange de la bande passante et du forfait, que ça use la batterie du smartphone qui s’il est ancien se chargera mal sur la prise de la voiture… Laquelle est trop vieille pour accéder au DAB à moins de payer un équipement ou des adaptateurs.
Conclusion : les personnes qui ont les moyens glisseront sans souci, les autres devront bricoler ou se passer d’une radio qui malgré ses défauts apporte des programmes originaux, sans publicité.
Le même mépris
La réalité pour un auditeur de province perdue, qui plus est peu favorisé, dans ces zones où c’est déjà le désert médical, où la culture n’est présente que par les festivals l’été, c’est le sentiment accru de mépris et de devoir encore une fois faire des efforts, y compris pour accéder à ce qui devrait être un droit partagé.
Où est la consultation des acteurs locaux ? Pourquoi cette stratégie ?
Pourquoi ne pas éteindre la FM une fois le DAB + déployé partout avec le développement d’équipements à moindre coût pour les particuliers ?
Quand on entend les animateurs de la radio, on perçoit qu’ils ont peu le moral et craignent bientôt d’être confinés de façon confidentielle dans un Web où ne les chercheront et découvriront que celles et ceux qui les connaissent déjà.

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