Signe annonciateur de l’été, comme un message d’optimisme, le programme du 25e festival de théâtre de Figeac est arrivé dans la boîte aux lettres. Ce sera en juillet, et je m’impatiente déjà.
Le grand Figeac aux commandes
Le Grand Figeac, ce n’est pas un garçon, mais une communauté de 92 communes. Mon village en fait partie. Il y a dans le coin une vie culturelle qui ne se limite heureusement pas à l’été. On peut y voir du théâtre dans l’année…
La communauté de communes reprend donc le festival. À l’origine l »événement fut lancé sous l’égide des Tréteaux de France et de Marcel Maréchal.
Marcel Maréchal , je me souviens de lui et du travail formidable qu’il mena au théâtre de la Criée à Marseille. Adolescent, c’était au Gymnase je crois, j’avais été transporté par son Falstafe de Valère Novarina. Ça ne date pas d’hier. 1976 ! J’avais eu la chance de pouvoir échanger brièvement avec lui. Cet homme était le théâtre. Je me souviens de son regard si particulier qui scrutait les gens comme pour en mesurer, sonder, je dirais presque en « palper » l’humanité.
La force de Maréchal c’était de mettre la poésie du théâtre en chair. C’était un théâtre vivant, un théâtre où l’on « sentait » la troupe.
Alors, j’espère que la programmation et le souffle qui animeront le festival, sauront être imbibés de cet esprit là plutôt que d’un théâtre asséché par la technicité, une certaine virtuosité ou pis encore le cabotinisme de vedettes sur le retour. Je ne veux pas de théâtre conceptuel qui plagie les séries télévisées !
En attendant Godot
Beckett sera au programme. Et cette pièce là est emblématique aussi de mon adolescence. L’attente… thème puissant. Nous verrons ce que ça donnera avec Jacques Bonnaffé, Jean-François Lapalus, Denis Lavant ou Aurélien Recoing…
En attendant, il va falloir que je réserve en conjuguant les dates avec celles du festival Cajarc (Africajarc).
Au fond, si je crois que l’enfance fut la période de la lecture, des premiers contes, l’adolescence jusqu’à l’adulescence, fut portée par le théâtre…
Voir et faire du théâtre
Il faut voir du théâtre.
Mais en voir dès la classe de cinquième grâce au Théâtre Demain d’André Rousselet que je n’oublie pas, me donna envie d’en faire… et le théâtre me sauva de l’ennui du collège.
Dès la classe de cinquième, jusqu’au lycée, avec une petite troupe de copines et copains nous répétions plusieurs heures par semaine. J’écrivais des pièces, on répétait au collège et au lycée quasiment en autonomie totale et nous allions ensuite jouer dans des foyers ruraux, des maisons de jeunes, des salles des fêtes ou au lycée. On se débrouillait pour se faire transporter ou nous traversions la campagne sur nos cyclomoteurs.
Le théâtre devrait être pratiqué plus largement dans le premier et le second degré. Pas seulement pour investir le répertoire existant mais pour oser l’écriture, la mise en scène… Je crois que ce que les copains aimaient, c’est qu’ayant appris à les connaître, j’écrivais en pensant l’histoire et les rôles en fonction de leurs personnalités non pour les y enfermer mais les révéler… Et nous apprenions sur scène à être attentifs les uns aux autres, ajuster notre jeu, coordonner, compenser… il y avait même un copain, il n’aurait jamais voulu jouer sur scène, qui était devenu le régisseur… C’était une véritable école et je sais que certains s’en souviennent.
Il fut un temps où une politique culturelle permettait plus largement aux acteurs d’entrer dans les écoles… Scapin alors prenait corps bien mieux que dans les lectures commentées en classe…
Ce que j’apprécie encore dans le théâtre c’est la rencontre entre un texte, des acteurs, un lieu (parfois dans la ville elle-même, sous le ciel) et un public. Au théâtre, on peut voir des âges mélangés, ce qui arrive hélas beaucoup moins par exemple dans les concerts de musique classique ou de jazz…

Un mot en retour ?