Je me fais des séances de « non-achat »

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Boutique asiatique
4–6 minutes

De temps en temps, je clique sur la publicité reçue ou même j’entre dans une boutique. Je regarde, je me renseigne, je compare. Je traîne dans un commerce en ligne ou même devant un rayon de supermarché. Juste de temps en temps, car j’ai d’autres choses à faire. Mais je n’achète pas. Je me dis que je me fais des séances de « non achat » et je vous garantis que je fais de sacrés économies !


Ni smartphone, ni voiture… ni …

Il y avait cet ami qui me poussait : « il commence à être vieux ton smartphone ! » Ou bien le concessionnaire qui me propose une offre de reprise exceptionnelle pour mon auto si en échange je lui en achète une neuve avec des tas d’options offertes… Ah.

Dans les rayons du supermarché, je découvre des objets, des machines dont j’ignore même à quoi elles peuvent servir. Là, un nouveau produit miracle, ailleurs on me propose une préparation toute faite… avec 17 ingrédients dedans !

Il m’arrive de pousser la curiosité en allant regarder ce que propose tel ou tel site pour la maison. Tant d’accessoires.

Je n’ignore pas tout ce qu’il s’invente de nouveau. Ce matin j’entendais la télévision parler d’un réfrigérateur capable de dire combien il y a de tomates à l’intérieur et de proposer des recettes. Formidable ? Vraiment ?

Malgré mon âge je parviens encore à estimer le nombre de tomates dans le réfrigérateur et pour les idées de recettes, quand je n’en ai pas en tête, j’ai quelques livres… Mon smartphone tourne correctement, fait même des photos et me permet de consulter ma consommation d’électricité. Mon auto n’est plus toute jeune, mais je l’entretiens, elle roule ce qu’il faut et tiendra encore longtemps si tout va bien.

Je possède un lave-vaisselle et un lave-linge. Mais en général je n’utilise qu’un seul programme.

Je ne m’empêche pas.

Faire ces séances de « non-achat » est une façon de me démontrer de façon simple et objective que non seulement je n’ai pas besoin de la plupart de ces objets, mais je n’en ai pas envie, ils ne m’intéressent pas.

Je ne place pas mes rêves dans un aspirateur ni le dernier gadget…

En cohérence avec ma façon de vivre, il y a mille choses qui ne me manquent pas, qui m’encombreraient même. Je n’en ai juste pas besoin. Ça ne m’apporterait rien.

J’ajouterai que je trouverais assez ridicule et même idiot ou incohérent de rouler dans une voiture équipée de Google comme d’avoir un robot qui ferait tout à ma place quand j’ai besoin d’exercice.

Dans mes placards, je trouve encore qu’il y a trop de choses. Celles qui dorment.

Tout n’est pas à jeter : il y a même des objets à conserver en cas de besoin futur mais il faut que ce besoin soit avéré. Et si ça dort, c’est qu’en réalité, ça encombre.

Radin ?

Non, j’aime orienter mes dépenses vers d’autres choix. Donner, partager, découvrir des spectacles, voyager modérément.

Je ne me considère pas comme défavorisé ni comme riche. Posséder ne m’a jamais intéressé. Je crois que ça remonte à l’enfance. Je n’ai jamais associé la réussite à l’argent. Je dirais même au contraire compte tenu de l’inégalité engendrée par notre système économique.

J’ai toujours préféré donner que revendre.

Il y a des choses que je trouve logiques : si des personnes ont besoin de certains objets que je n’utilise plus et sont en difficulté, je trouve ça cohérent qu’elles les récupèrent et les prennent en charge. Je n’en tire pas de fierté. Je trouve ça juste. J’aimerais qu’on fasse pareil si j’en avais la nécessité.

À la campagne, certains paysans se prêtent les machines ou les achètent en commun, les utilisant tour à tour ou même s’entraidant pour les travaux. Il y a dans ma cabane des outils qui pourraient se partager mieux.

Mon banquier s’étonne : non, je ne veux pas de prêt, pour acheter quoi ? Non, le peu d’économies que j’ai n’a pas à être fructifié autrement que dans un cadre solidaire. L’argent placé c’est un leurre pour les pauvres et une honte pour les riches.

Changer de logique

Il faudrait plus d’artisans pour réparer que de commerces pour vendre du neuf. Ça bouge un peu.

Il y a longtemps, un ingénieur que nous connaissions et travaillait dans l’électro-ménager, nous avait confié que techniquement on saurait fabriquer la machine à laver capable de durer une vie entière. C’était quand j’étais môme déjà…

C’est terrible de se dire qu’on perd du temps à fabriquer nombre d’objets inutiles, qui tendent même à notre propre asservissement, alors que les besoins de base ne sont pas assurés pour l’ensemble de la population.

Il parait que le luxe se vend bien. C’est vrai que non seulement je n’envie pas celles et ceux qui possèdent des objets de luxe comme des montres, mais à leur place je ne serais pas fier, je ne supporterais pas l’idée…

Toute notre économie est mal orientée, on fait des fortunes sur du vent en vendant des choses inutiles à des gens qui vont parfois s’endetter pour les acquérir. C’est un lieu commun Dans mon âme d’enfant, c’est une chose que je ne parviendrai jamais à comprendre… Pas plus que celle qui consiste à fabriquer, vendre ou acheter des armes.

La liberté de ne pas acheter !

J’achète par nécessité ce que je ne saurais fabriquer moi même. Je n’en suis pas à tricoter mes pulls ou coudre mes vêtements, je serais très maladroit. Je fais des tas de concessions à la modernité… mais plus j’avance plus je me sens libre quand je n’achète pas, quand je ne m’encombre pas, quand je ne dépense pas inutilement…

Il y a un bon feu dans la cheminée, je fais de bonnes tartes maison, j’ai l’impression de vivre de façon plutôt confortable, je peux m’alimenter de bonne façon, être vêtu simplement mais de façon agréable… La curiosité, la gourmandise, les plaisirs de la vie sont là au quotidien… Je ne vis pas en sauvage dans une grotte… qu’aurais-je à faire de toutes ces choses inutiles qui seront dépassées demain matin ?

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