Brèves
des messages brefs, des notations, des impressions
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L’amante religieuse
Une idylle secrète aussi bien que discrète nous a fait rencontrer sur le carrelage frais. Elle tourna ses grands yeux vers moi. « — Veux-tu que nous priions ensemble avant que je ne te dévore ? » « –Tu es si belle et j’aime ton ombre géométrique. La grâce de tes antennes en V, ta silhouette parfaite, ta…
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Il est sec le causse
Pourvu qu’aucun fumeur ne laisse tomber son mégot, qu’aucun crétin n’ait la sombre idée de faire un feu pour son repas. Malgré l’interdiction, hier soir, des motards flemmards s’étaient engagés sur le chemin m’envoyant leur poussière, au risque d’effrayer les bêtes et d’abîmer les lieux. Je peux rester de longs moments le soir devant ce…
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Isis en juin
Vaillante, la vieille Isis m’interroge souvent sur mon incapacité à rafraîchir son territoire. Sous le noyer le sol est sec mais l’ombre plus protectrice. On dit que la juglone secrétée par l’arbre est mauvaise pour le sol, empêchant la pousse d’autres plantes et qu’il ne serait pas bon d’y faire la sieste. À d’autres heures,…
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Mercredi des insectes
Il y ceux qui se glissent muets cherchant sur le carrelage un rien de fraîcheur, une goutte d’eau perdue sur l’évier, un reste de miette ou d’ombre. Dehors, dans la serrure vide et brûlante du portail de fer, semblant être les seules à jouir des températures extrêmes, les guêpes ont tenté d’installer un nid qu’elles…
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Un mardi sec
À peine a-t-il fleuri, le soleil arrache ses fleurs à l’hibiscus et les froisse au sol comme du papier crépon. Le Buddleia de David grille sur place. Les papillons nombreux risquent de le délaisser. Dans une heure tout au plus, il faudra plonger la maison dans l’ombre. L’argile du sol se crispe et se fendille.…
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Isis au matin
Tout ce qu’il faut réapprendre pour profiter des heures d’ombre. Fenêtres ouvertes encore sur le jardin, pas une brise pour Isis. Pourquoi je pense à l’homme reclus dans sa cellule surpeuplée ? À la vieille femme sous les toits de Paris ? Des adolescents meurent en se noyant dit la radio. Je l’éteins. Mais je pense à…
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Solstice en vue
Qui s’attriste du solstice et de la fête du vieux lézard ? Dans les jardins de l’Élysée, goûtez ce soir, le meilleur du vulgaire en n’oubliant pas que le pire n’est pas toujours sûr comme disait Paul Claudel qui s’y connaissait en gaudriole. C’est le printemps jusqu’à 10 heures 24 minutes et 26 secondes. Après, tout…
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Un crapaud sous le piano
Hier soir, Isis m’a signalé l’entrée d’un jeune crapaud dans la maison. Effrayé, le prince, car les crapauds sont potentiellement des princes, se réfugia sous le piano. Inimaginable de le déloger. Jouer quelque musique eût été fatal. Si le crapaud est chanteur, si sa belle sait reconnaître son amoureux parmi tous les chants, il n’est…
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Ce qui est à prévoir
Dans leurs petites chambres, étouffoirs martelés de chaleur, des vieux reclus attendent hébétés. Dans leurs écoles en carton, des enfants suent et ne savent plus rien. La secrétaire du bureau des pompes funèbres a commandé des cercueils en plus. En plus, mais combien ? Il faudra qu’on fasse une réunion, dit le premier ministre en agitant…
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La fraîche heure
Tout ce qui concourt à la fraîcheur nous fait bonheur. À quoi pensons-nous ? Nous cacher du soleil. La chatte se fait des trous secrets dans l’humus. Ouvrir, fermer. Les choses simples prennent du relief. Un peu d’eau froide sur le carreau du sol humidifiera l’air. Comme s’il se crispait avant de se fendre, le sol…
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