Ça commence avec la célèbre tirade de Vladimir, puis ça se poursuit inspiré par cette nécessité malgré l’absurde : « il faut continuer ! » Adelante !
L’audio
Le texte
Extrait de « En attendant Godot » Beckett – Vladimir (Acte I)
« On est tous dans le même bateau… ou presque. On attend. On attend Godot. Mais qui est Godot ? Personne ne le sait. Peut-être qu’il ne viendra jamais. Peut-être qu’il n’existe pas. Mais on attend quand même. Parce que… parce que c’est tout ce qu’on a. »
« Il faut continuer. On ne peut pas faire autrement. On continue, même si c’est inutile. Même si c’est absurde. On continue parce que… parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre. »
« Parfois, j’ai l’impression qu’on est déjà morts. Qu’on attend ici, dans ce néant, sans fin. Et que Godot… c’est peut-être la mort elle-même. »
La mort
Je ne l’attends pas,
Je m’y prépare, rangeant mon bagage
Je lui donne puisqu’elle m’attend
Des os à ronger : ma mère, mon amour, mon chien devant
Je lui donne le temps qui fait tous ses outrages
Dans mes os, dans mon sang et sur mon visage
Je lui donne l’oubli où me plongèrent mes amis
Je lui donne la distance avec mon enfance
Je lui donne la tristesse en guise de politesse
Je lui donne le silence pour courber mon chant
La mort, je ne la désire pas et lorsqu’elle me brûlera
Il ne lui restera rien, plus rien
Alors, si c’est absurde, je veux mieux continuer
Continuer à marcher dans l’ornière sous les étoiles
Continuer à spolier pour toute admiration, l’émerveillement
Pour le vol du rapace, le crissement de la cigale ou le bleu horizon
Même si c’est absurde, qu’il n’y a pas de raison
Si ça ne rime à rien, le souffle, la scansion
Ce parfum de rhubarbe, la vanille de tes cuisses
Et l’herbe que le soleil chauffe derrière la maison
Une poule a chanté, j’ai cru que c’était mon prénom
Elle parlait juste au vent, de son œuf, de ce cœur,
Il faut continuer, on ne peut pas faire autrement
Il faut continuer, marchons, marchons devant !

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