Poème de l’Amour refusé – Marc Alyn


un ciel rouge sur la vallée

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2–3 minutes

Adolescent j’étais tombé sur « Brûler le Feu ». Paru en 1959, le petit livre réunit des textes de Marc Alyn que je me lisais en les chantant. De la musique avant toute chose ? Ce juré du prix Apollinaire que je ne connaissais pas, j’ai su ses textes par cœur, dont le poème de l’Amour refusé.


Oser chanter

Quand j’avais le cafard, j’allais me réfugier dans ces textes qui m’apportaient leur lumière. Je les chantais sur une guitare à trois cordes. Je crois que je devais être en cinquième ou en quatrième quand j’ai commencé.

Les mélodies allaient de soi, venaient toutes seules. Ces textes étaient mes prières païennes et j’y mettais l’espoir d’un futur libérateur. Je me reconnaissais à chaque page comme si j’avais trouvé mon maître. J’allais et revenais inlassablement dans le texte.

Seule ma voix a changé, descendant dans les graves… on est au bord de la mélopée parfois.

L’audio

Chantez-vous les poètes ?

Vous arrive-t-il parfois d’ouvrir un livre de poésie, non seulement pour lire les textes, les murmurer, les essayer à voix haute mais encore de les chanter en vous laissant inspirer par le texte ?

Tous les textes ne se chantent pas, ils ne sont pas tous faits pour ça, mais d’autres coulent comme un fleuve… Ça va de soi, c’est cette mélodie et pas une autre. C’est le chant qui sourd des mots et la voix ouvre au delà du regard, des images inattendues.

Chanter le poème, c’est entrer dans l’intimité du texte, saisir son odeur, sa pulsation, ses courbes et peut-être même, si on trouve le ton juste, voir le poète à travers ce prisme du chant.

La fenêtre s’ouvre vers vous, en vous, va vers l’autre. Parfois, il arrivait que l’on me surprenne, ma mère, mon grand-père. Elle s’asseyait sur le rebord d’un petit canapé droit. Si elle aimait, elle approuvait, sinon, elle ne disait rien. Le grand père écoutait la tête renversée dans son fauteuil vert. Mais le plus souvent je chantais seul, après le collège, dans un coin de jardin, assis sur l’escalier de la terrasse ou dans la pénombre de ma chambre. Je sortais de ces moments de chant apaisé et grandi comme un enfant à qui on a livré quelque secret qui rend plus savant… il y a pire éducation.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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