Youpi ! J’ai des courbatures !

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Danse

Comme une preuve qu’il y a eu effort, les courbatures signalent que le corps a ressenti l’activité. J’ai repris une activité modeste depuis le début de la semaine, mais elles sont là. C’est normal mais il faut en tenir compte surtout si on veut que la reprise s’inscrive dans la durée.


Nous ne connaissons pas si bien notre corps

Plus de six cents muscles. Jamais un professeur d’EPS ne m’a parlé d’aucun lors d’une activité. On a souvent focalisé sur l’échauffement, pas forcément nécessaire. On a souvent évoqué l’acide lactique pour le rendre responsable de nos douleurs… mais non, il a beau s’appeler acide, ce n’est pas lui.

Dès la deuxième séance, j’ai senti que ça travaillait au niveau des cuisses et des bras surtout.
Instinctivement la main va vérifier les points douloureux. Ils sont relativement symétriques et s’expriment avec des intensités variables.

Si j’ai mal, je n’irai cependant pas me jeter sur la boite de Doliprane. Il n’y a qu’une seule boite dans la maison. Un seul comprimé a été consommé en six mois. Jamais malade, je vous disais.

Ce corps que nous habitons, c’est comme une maison dont nous ne visiterions pas les pièces chaque jour. Il faut de temps à autre aller mener une sorte de visite de soi qui au fond est assez intime. Je ne parle pas d’auto-érotisme mais il y a quelque chose qui peut se montrer attentif et doux dans la rencontre avec son propre corps.

Je préfère cela à l’intrusion médicale qui sous prétexte de prévention fouille, examine, transformant notre corps en objet.

C’est vrai que cela peut se relier aussi à la rencontre de l’autre et là non plus pas forcément dans une perspective érotique ou sexuelle. Je me souviens de cet ami qui savait par le toucher trouver et dénouer des points douloureux qui s’étaient cristallisés dans mes épaules ou mon dos alors que je ne m’en rendais pas compte.

L’éducation catholique a fait du corps un tabou tout en exhibant un homme quasiment nu sur une croix mais en le « clouant » de douleurs. Cette idée de martyr marque tellement la société que les coachs revendiquent le « no pain no gain » comme s’il fallait souffrir comme preuve qu’on a bien fourni un effort.

J’ai trouvé un document de l’Institut de Myologie qui présente les principaux groupes musculaires, leur agencement, le rôle du système nerveux… de façon assez synthétique : https://www.institut-myologie.org/enseignement/connaissances-sur-le-muscle/#fibre

Les Delayed Onset Muscle Soreness ou DOMS

Ah oui ! Parce qu’on ne dit plus « j’ai des courbatures » mais « j’ai des DOMS ». Tu peux dire en français « douleurs musculaires d’apparition retardée » mais visiblement il n’y a pas d’acronyme qui tienne la route.

Et voilà que de minuscules déchirures des fibres musculaires engendrent une réaction locale de l’organisme sous forme d’inflammation car nos amis les globules blancs se mettent en route pour tout réparer. Les petites douleurs, ce sont comme des pancartes placées pour dire « en travaux, soyez prudent·es ! »

Et comme le corps est une machine formidable, si la lésion reste modérée, la réparation va renforcer les muscles.

Le mythe de l’étirement

L’INSERM le confirme. Si l’étirement est pertinent pour les vieux en quête d’assouplissement, il n’a pas d’action sur les courbatures.

L’étirement a son utilité comme le travail de l’équilibre mais ce n’est pas le sujet.

On y va mollo

Le but n’est pas de rajouter de la douleur à la douleur mais d’y aller tranquillement en faisant travailler peut-être d’autres muscles qui pensaient pouvoir se la couler douce.

Les vieux n’oublient pas leur dose de protéines (naturelles pas besoin d’acheter de la poudre) et des apports suffisants en magnésium et oméga trois.

Pour que les muscles s’adaptent, j’aime bien l’idée d’écouter son corps et d’aller trouver ce qui fait du bien dans le mouvement. Se délier, se relier…

D’une certaine façon, dans le prendre soin de soi, nous retrouvons cette fameuse idée de bienveillance, cet encouragement, cet accord avec soi.

Cette re-mise en mouvement c’est aussi une façon de réapprendre son corps.

C’est l’heure de ma séance !

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