L’abolition des privilèges avec Hugues Duchêne

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salle balène à Figeac

Adapter un roman historique au théâtre en proposant un seul en scène vif et incisif, c’est le pari réussi d’Hugues Duchêne avec l’Abolition des privilèges qui se jouait le 20 juillet 25 au Festival de théâtre de Figeac.


Avec le Tiers État

En pénétrant dans la salle de spectacle installée dans le Palais urbain Balène érigé à Figeac au début du XIV e siècle , je ne le savais pas précisément à l’avance, mais mon instinct sut me guider. C’est parmi le Tiers État que je pris place.

La nuit du 4 août reste emblématique. Dans le sillage du roman de Bertrand Guillot, Hugues Duchêne a su monter une adaptation précise qu’il a mise en scène. C’est du théâtre. On révise la fameuse nuit avec un éclairage qui rappelle le rôle réel des uns et des autres. C’est vif, incisif et évite à la fois les écueils de la simplification à outrance, du pédantisme comme d’un théâtre par trop pédagogique.

Performance d’acteur

Jongler d’un personnage à un autre, occuper l’espace, incarner des accents, des statuts opposés, impliquer le public… Maxime Pambet le fait avec talent énergie et foi. Le public accroche. Un intermède fait entrer le contemporain… peut-être n’était-il pas utile et rompait un peu le charme mais le spectacle conserve sa cohérence et sa force, sa colonne vertébrale.

À cet égard, la performance trouve sa légitimité. Plus certainement que dans le spectacle vu l’autre soir.

Il n’empêche que je conserve une nostalgie de l’intimité au théâtre qui peut parfaitement en être le lieu palpable. C’est à dire que nous devons prendre garde aujourd’hui à ce que la technicité, le souffle, le tempo soutenu ne prennent jamais le pas sur l’humain. Ici nous avions notre compte d’humanité, nous sentions le souffle de l’Histoire, nous avions la grâce de l’humour et de surcroit sans que ce ne soit souligné à traits trop grossiers, nous pouvions reconnaître dans notre époque des similitudes avec celles de l’Ancien Régime finissant…

Théâtre en joie

Si c’était toujours mon public de vieux bourgeois, un peu plus de jeunes s’étaient glissés dans la salle. Le spectacle est parait-il joué aussi pour les étudiants, les lycéens. Le Royal Velours est une compagnie solidement implantée dans le mode estudiantin et scolaire.

J’évoquais l’importance du théâtre à l’adolescence, dans ma vie personnelle. Sans scolariser l’art dramatique, il devrait avec la danse et la musique faire partie des humanités que tout jeune devrait pratiquer.

Bon indicateur, ce spectacle donnait envie de jouer… On verra demain si mes illusions ne sont pas perdues.

deux mains tiennent un livre

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