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un coup de dés


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Imprimante

Monologue pour une imprimante morte

Théâtre

Je la croyais plus jeune qu’elle ne l’était. Fier de l’avoir ranimée une fois je la pensais immortelle. Mais elle avait six ans et c’en était trop. Voilà qu’elle nous a quittés, muette mais clignotant de tous ses voyants et refusant la moindre réinitialisation. Alors, il fallait rendre hommage à la bête. Vous trouverez un audiogramme et son texte.


Le texte à écouter

Le monologue

Quoi ! cette imprimante que je croyais sauvée,
D’une sorte d’embolie la voilà étouffée ?
Pour elle je m’étais fait un terrible sang d’encre,
Las, elle s’est achevée avant que je ne rentre
Ô la désillusion, terrible périphérique,
À peine l’avais-je sauvée, en toute logique
Je voulais imprimer de nouveaux vers émus,
À son port, son charriot, qui s’était bien tenu
Mais voilà que la bête soudainement blessée,
À rompu son programme, sans laisser de papier
Sans adieu, sans un geste, ignorant la paresse
À peine on la voyait au seuil de la vieillesse,
Si elle avait franchi déjà l’adolescence,
Fallait-il alors sonner l’obsolescence ?
Nous n’avions pas fini de vider les cartouches,
Et ses pages glissaient, si douces à ma bouche,
Pour qu’au piano, je puisse enfin chanter mes vers,
Je les parais de bleu, et de rouge, et de vert
Mais vois le sort brutal, et mon rêve d’imprimer,
S’achève comme un vulgaire produit périmé
Voilà que je devrais devant son corps fumant,
Lui trouver dès demain un autre remplaçant
Une machine dont le laser tout vibrant,
Saura nous propulser vers l’avenir riant
Ou bien ma carte bleue aura chauffé en vain,
Payez, payez, amis pour imprimer demain !
Et je songe soudain dans ma mélancolie,
Que les machines modernes enferment là nos vies
Et que sur mon désir toujours puissant d’écrire,
Je devrais, retrouver la plume pour enfin rire !


C’est vrai que je n’écris plus tellement le théâtre, ou la fiction à la main, parfois seulement quelques vers…