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Avec des centaines d’articles au compteur, pourquoi ne pas laisser le hasard décider ? Laissez-vous surprendre. Vous pouvez rejouer à l’infini.
un coup de dés
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Encore un moment…
Quand je m’égare, je lis Edgar. Je suis tombé sur « Encore un moment ». Paru chez Denoël en 2023 et repris depuis septembre 2024 en Folio Gallimard. divers textes réunis sur divers thèmes. Edgar Morin, je n’ai pas tout lu. Mais j’en ai lu pas mal. Complexité, incertitude logique, place de l’éthique ou de la poésie ont certainement infusé en moi, influencé mon regard… je mesure avec lucidité qu’il a été « récupéré » ou réinterprété et que parfois, il peut presque se parodier lui-même ce qui n’empêche pas de reconnaître le parcours admirable… et son influence.
Un vieux si jeune !
J’ai prévu de vivre 130 ans et j’aimerais bien disposer de sa lucidité et de sa forme à 102 ans. Il semble avoir toujours la même soif, le même appétit, la même gourmandise, le même bonheur à aimer…
Il est par dessus tout toujours animé de la même curiosité. Quand je place dans les éléments d’une journée réussie, une journée où j’ai pu apprendre et partager, son influence est indubitable. Tout comme l’importance de la poésie face au prosaïque.
Je ne connais pas d’enfant qui ne soit pas curieux de quelque chose. J’observe aujourd’hui trois types de « curiosité » ou façons d’être curieux : la curiosité « passive » ou dirigée de l’extérieur (celle du scrolling, de la télévision ou des moteurs de recherche où les réponses sont manipulées ne serait-ce que par le commerce), la curiosité « active » de celle ou celui qui veut comprendre, va chercher, avec l’envie de « démonter » pour « comprendre » et « démontrer » et puis cette curiosité assez extraordinaire illustrée par la sérendipité, c’est à dire, cette capacité à saisir la découverte importante dans l’inattendu. C’est pouvoir dépasser une situation, une représentation et soudainement regarder « le monde » autrement… Cette intelligence du hasard c’est aussi notre capacité créative.
Edgar Morin ne s’interdit pas d’investir les différents domaines notamment des sciences. Il voit l’intérêt de la transdisciplinarité, de ne pas se figer dans l’hyper spécialisation. Pour enseigner, en particulier à de très jeunes enfants, cela m’a souvent servi.
Cultiver, développer et favoriser la curiosité est une vraie dynamique. Celle qui permet de donner du sens à sa vie plutôt que d’attendre de trouver le sens de la vie. Pas de prêt à penser. Il faut accepter le risque d’oser penser autrement, contre soi si besoin.
C’est parfois si douloureux pour certains, qu’ils préfèrent se jeter dans les bras du premier gourou qui passe ou dans l’extrémisme. Alors, ils rejettent tout ce qui n’entre pas dans leur propre représentation.
À chaque fois que par exemple l’actualité m’envoie une question, j’ai une première réaction. Si je réfléchis un peu, je me dis qu’à tout le moins on peut nuancer… voire qu’il me faudra admettre que je ne voyais pas le problème dans sa complexité. Cela suppose d’essayer de comprendre avant de juger.
Edgar Morin, je le vois comme un marcheur. Qui a traversé le siècle, qui s’est engagé y compris physiquement quand par exemple il s’est retrouvé dans la Résistance. Je le vois encore comme une personne ayant accepté de parler à tout le monde sans compromettre ses valeurs. L’éthique en actes.
Choisir sa vie
Chacune, chacun fait la lecture qu’il veut ou peut de tel ou tel « penseur ». On peut aimer une pensée, s’en enrichir, sans idolâtrer son auteur. C’est même une façon de lui rendre honneur.
J’ai souvent aimé lire Edgar Morin pour ce va et vient rendu possible entre ma place en tant qu’individu et ma place en tant qu’acteur social.
« Je suis objectivement un être subjectif ». Mon premier choix est de ne rien faire qui soit en contradiction avec mes valeurs profondes, c’est à dire respecter qui je suis tout en veillant à respecter l’autre et à me situer dans la vaste communauté humaine (et même celle du vivant).
Non qu’il faille à tout prix marcher dans la marge, mais je voudrais essayer de ne pas fonctionner sur des idées reçues.
Alors oui, quand je m’égare je lis Edgar, non pour trouver des réponses, mais plutôt pour tenter de regarder les choses autrement loin du « prêt à penser » que certains nous proposent.
Quel livre conseiller ?
Je ne crois pas à la vertu des conseils. Conseiller c’est penser à la place d’autrui. Accompagner c’est mieux… et je vous dirais simplement d’aller dans une grande librairie et de choisir parmi les livres d’Edgar Morin celui dont le titre éveillera le plus votre curiosité ou semblera se rapprocher de vos problématiques ou questions du moment… de fil en aiguille, de lien en lien, vous aurez envie alors d’en lire un deuxième, puis un troisième… On peut y revenir. Ce ne sont pas des lectures difficiles mais il faut accepter de ne pas forcément tout comprendre d’emblée pour après retour avancer…
Il est étonnant que nous soyons si peu étonnés de vivre dit en substance Edgar Morin qui continue de s’émerveiller de ce monde qui a su trouver une auto-organisation et des équilibres qui dépassent la simple vision réductrice de la compétition Darwinienne… vive la coopération ! Y compris entre espèces… La coopération source de paix et de démocratie…