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Le vélo nouveau

Plus de vingt ans et en fait plutôt trente que je n’avais pas acheté de vélo.

Cela ne veut pas dire que je n’en ai pas fait à Paris, en Bretagne ou dans le Sud. Mais ces dernières années, je n’avais plus de vélo.

J’ai raconté ailleurs comment un temps j’ai hésité entre un vélo à assistance électrique et un vélo mécanique. Mais non, pas d’autre moteur que mes jambes, mon cœur et mes poumons !

Je ne suis pas sportif pour deux sous. Mais depuis petit j’aime le vélo. Les sensations de la bicyclette lorsque l’air vif vous traverse, lorsque la route défile son ruban et parfois secoue, lorsqu’il faut ajuster son effort dans cette symbiose entre la machine, le corps et l’espace.

Car au bout d’un temps, comme le cavalier sa monture, le vélocipédiste connaît son vélo et peut-être même son vélo le connaît-il…

Il faut que je donne un prénom au nouvel arrivé. Je lui ai ajusté des accessoires. J’ai procédé aux réglages. Fait teinté la sonnette.

J’ai accepté pour concéder au progrès de porter un casque ridicule et un immonde gilet jaune.

Hier, je m’étais contenté d’un premier tour de pâté de maison. Ravi de constater que je m’affranchissais sans ambage de la côte qu’est ma rue et que la bête répondait avec douceur à mes sollicitations.

Ce matin, je viens d’essayer un petit circuit rapide me confrontant aussi bien à des rues, un petit chemin de randonnée perdu dans les bois, un rond point fou et une zone commerciale. Jouer d’un doigt avec les vitesses, retrouver les sensations entre équilibre, freinage, virage, crissement dans les graviers…
Essoufflement, sensations, émotions lorsque le lourd camion fait tout trembler sur son passage, se faire voir au croisement, se pencher, tendre le bras, tout voir, respirer, sentir ses jambes et les secousses dans les bras…

Si la marche à pied est riche et me parle pour d’autres raisons, lorsque je monte sur le vélo, j’ai neuf ans.

Le vélo fut aussi le signe de ma liberté adolescente. Bien des rudes côtes de Haute-Provence eurent raison de moi… mais derrière il y avait toujours la joie de la descente et du vent. La sensation de la liberté.

Et là, je suis vieux, décati, usé par la vie mais sur mon vélo tout chemin je suis le roi. J’ai neuf ans retrouvés. J’ai l’avenir devant.

Et le chien qui m’attend…

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