soleil

Un homme qui meurt dans le soleil couchant

On marche dans le soleil couchant, on avance, on admire
Le grand oiseau déploie son aile calme et le navire
Rentre tout doucement au port, avant qu’il ne délivre 
Sa moisson d’algues et de petits poissons, sur la rive 

Une vieille femme inspirée fixe l’instant, son pinceau monte
Dans l’air et sur la toile rougie tremble une seconde 
Le passant jette un œil de côté, furtif, une honte 
Légère, le transperce, il regarde sa montre 

Tandis que le grand astre orange plonge vertical
Dans cette mer profonde, ici l’onde est étale 
L’huile est dans la mer comme elle est sur la toile 
Pas un souffle d’air dans la torpeur vespérale 

Mais quel chagrin vient rompre le visage de l’homme !
Quand l’ombre masque alors et qu’il n’est plus personne 
Dans cette fin du jour, du monde, il se sent comme 
Un noyé qui chavire, immobile et résonnent 

En lui tous les chagrins, les abandons, la vie, l’inutile
Il est à la mer, à la campagne, à la ville 
Silencieux à la promenade si futile 
Vieillard désespéré, vieillard fragile 

Qui va mourir ce soir devant tant de splendeur
Car c’est ici qu’il meurt, chaque soir à la même heure 
Ici qu’il va tomber, le marin voyageur 
Entre quelques rochers, oubliant sa pudeur 

Non, il ne pleure pas, c’est la pluie qui le signe 
Et l’enjoint à rentrer, vers sa maison plus digne 
Il posera la lampe, sur la table rectiligne 
Il boira d’un trait ample le bon vin de sa vigne 

Tout désespoir possède sa propre carte postale 
Qui fait de la beauté, un sinistre scandale 

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