espoir

Un besoin de poésie

Sur la page d’accueil du site, il y a ce mot de Guillevic. “La poésie c’est ce qui permet de tenir”.

C’est vrai qu’avec le flot de catastrophes, la vie toujours accélérée, les inquiétudes multiples… il faut tenir.

Mais la poésie n’est pas le refuge naïf où l’on pourrait échapper à la réalité. Elle s’accroche au quotidien. Elle le respire de tous nos sens et le transfigure.

Nos sensations connectées aux mots deviennent création. Que nous cherchions une forme précise où laissions l’illusion de l’improvisation faire, il s’invente un espace qui fait le poème.

Parfois l’afféterie, le maniérisme, les formules convenues amuseront le lecteur. Le ravissement de l’auteur sera de courte durée. La poésie n’est pas faite pour “faire joli”. Je l’ai répété mille fois. Mais la poésie n’entend pas de dogme. L’asservissement y est de plein gré. L’élévation toujours possible.

Lorsque je lis un poème, il y a une lumière de mots. Un étonnement. Le poème c’est la porte ouverte sur une chambre imprévue et derrière cette chambre, il s’en découvre une autre encore dans une succession de miracles qui nous enthousiasment ou nous touchent ou nous bercent…

Le poème est consolateur. Le poème nous relie les uns aux autres mais avec pudeur et respect.

Il n’y a pas besoin d’explications.

Comme j’avais honte lorsque au lycée, j’entendais un professeur saloper Éluard à coups de commentaires secs et creux comme des annotations dans la marge. Irrespectueux. Et souvent bête.

Je veux bien quelques clés, savoir l’histoire, mais laissez moi aller au poème d’abord. Y aller comme je veux. Y revenir.

Le recueil de poèmes, je ne le lis jamais in extenso, page après page, je me laisse voguer, je découvre, je reviens, je cherche… sans toujours savoir quoi.

Ici, certains d’entre eux sont usés, les pages cornées.

Parfois j’ose lire à voix haute.

Parfois j’emporte le texte au piano.

Avez-vous vu comme les poètes lisent rarement bien leurs propres œuvres ? On se souvient de la façon dramatique dont Apollinaire massacrait “Le Pont Mirabeau”.

J’ai entendu l’autre jour une dame dire ses propres textes. Ses vers sont bons mais sa lecture les tue. J’avais envisagé d’enregistrer quelques lectures de textes… du coup j’hésite.

Ou alors commencer par des poètes… j’allais dire “des vrais”.

Oui, nous avons besoin de poésie.

Il y a tant de disputes, tant d’énervés, tant de crétins… La poésie est source de paix.

Je ne connais pas de guerrier qui fut grand poète… Apollinaire fut soldat mais mourut en 18.

Pour être poète, il faut savoir aimer. On ne peut être poète et sombrer dans le pire. Les vers de Brasillach sont mauvais car aucun regret ni empathie ne les traverse même si probablement ses poèmes l’auront “rendu meilleur”.

La poésie, si on la laisse entrer, si on ne se moque pas, si on ose lui réserver quelques instants, ouvre l’esprit, rend oui meilleur, plus sensible, plus nuancé sans interdire la révolte, plus lyrique.

Elle ose nous dire dans notre individualité et nous relier aux humains. En cela, elle est universelle et n’échappe pas à celles et ceux qui n’ont que l’oralité.

Si l’on comprenait ses vertus, elle prendrait sa pleine place dans les écoles. Elle deviendrait même plus qu’une matière, une pratique régulière pour enrichir, ouvrir et apaiser… Les enfants dès les très petites classes lui font tellement bon accueil !

Et je le vois bien, publiant plus de poèmes ici et plus régulièrement, vous y venez et c’est bonheur et vous y revenez et c’est honneur… et cela signe votre soif !

Le poésie est une espérance !

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