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un coup de dés
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Municipales 2026 : le grand brouillage se confirme
Comme une énième réplique de la dissolution de l’Assemblée nationale et de la stratégie calamiteuse du président de la République, le paysage qu’offre la France après ce premier tour des municipales reste brouillon. C’est le grand brouillage même ! Communicants, politiques, médias sont pris par les jeux de pouvoir. Les projets et les valeurs passeront après. Restera aux électeurs de trancher, s’ils veulent bien se déplacer.
On ne veut pas regarder le pays
J’ai parlé hier des très petites communes (en nombre d’habitants) comme celle où je vote. Sous l’apparente tranquillité de la liste unique sûre d’être élue sans possibilité de vrai choix, se cachent des difficultés et un manque d’adhésion d’une population qui se sent délaissée.
Nos communes sont trop nombreuses. Les communautés de communes pourtant de plus en plus importantes dans notre quotidien échappent au contrôle direct des citoyens. Le découpage administratif de la France, hérité de son histoire, mériterait d’être revu notamment si on veut donner plus de pouvoir aux régions pour agir dans le concret…
Entre un village « perdu », une petite sous-préfecture, une capitale régionale, une ville de banlieue, à chaque fois ce sont des réalités fort diverses, des mondes qui n’ont souvent rien à voir.
Il faudrait quand on donne les résultats électoraux d’une commune, indiquer le revenu moyen des habitants.
Quand j’exerçais dans une commune moyenne en Bretagne, j’avais montré à l’édile l’écart qui existait dans sa commune entre les revenus des habitants de tel quartier comparativement à un autre et les difficultés liées. Étrangement, le gars ne le savait pas, n’était pas allé voir des données pourtant disponibles.
Certes, cette année la guerre a occupé les esprits, mais je n’ai ni lu, ni vu aucun reportage évoquant les conditions de vie réelle des gens dans leur quotidien.
La majorité des candidats ont imaginé des programmes pour leur commune, sans aller discuter avec personne ni étudier les réels besoins des gens.
Ceux qui sont allés sur le terrain semblent avoir tiré provisoirement leur épingle du jeu en prenant appui plus sur la colère et le ressentiment que la revendication et le projet constructif. C’est de bonne guerre. Les partis traditionnels pensent qu’il suffit d’aller blablater à la télévision oubliant la vraie vie et le terrain.
Quand le Parti communiste connut sa gloire en France, c’est parce qu’il avait su tisser des réseaux partout jusque dans le monde associatif et syndical. Les jeunes communistes, je les voyais au lycée. Les Francs et Franches camarades animaient tout un réseau permettant aux jeunes de bénéficier d’activités et aux plus grands de préparer le BAFA. C’était structuré et structurant même si tout ne fut pas sans dérives.
La réalité cruelle du deuxième tour
Tractations, désistements, maintiens… listes communes dont certaines dites « techniques ». Ceux qui se tapaient dessus hier vont se faire des bisous. Le barrage républicain est à géométrie variable. Certaines et certains ont des valeurs drôlement perméables. Il ne sera pas toujours aisé de trancher.
J’observe beaucoup de combats de coqs (ou de poules) où seule la tête de liste s’exprime. Il y a tout de même un problème avec ces mairies tenues depuis des années par la même personne (quand ce n’est pas héréditaire). Il y a chez moi le goût du mandat unique non renouvelable pour éviter cette professionnalisation du politique même si je sais qu’alors ce sont les administratifs ou technos qui risqueraient de prendre le pouvoir. Mais ne nous méprenons pas, dans nombre de mairies, le vrai chef, c’est le Secrétaire Général qui connaît la réglementation et les agendas !
Alors ça va bricoler et puis après…
Ce ne sera pas plus clair dimanche prochain
Prime au sortant, humiliation des uns, victoire des autres… Les grands partis iront à la télévision nous donner leur fine analyse avec leurs vieux logiciels périmés.
De toute façon, ça regarde déjà vers l’élection présidentielle avec la même logique.
Il y en aura encore pour croire à l’homme ou à la femme providentiel·le.
Les journalistes ne continueront qu’à s’intéresser à la surface, aux rumeurs et passeront vite à autre chose évitant soigneusement d’enquêter, d’aller eux aussi sur le terrain. Le réel est occulté, dissimulé mais plus encore, le citoyen-électeur renvoyé à un rôle de consommateur-commentateur ne voit plus sur quoi il pourrait agir comme si sa surface d’expression sociale était réduite à Instagram ou Facebook.
Faudra-t-il faire l’expérience du pire pour retrouver notre capacité d’imagination, notre créativité ? Il faudrait pourtant si peu de choses.
« il existe tant et tant de gens savants, d’intelligents, de généreux, mais ils n’ont pas envie du pouvoir, lorsqu’ils s’y efforcent, ils sont assassinés » (Colette Magny)