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Avec des centaines d’articles au compteur, pourquoi ne pas laisser le hasard décider ? Laissez-vous surprendre. Vous pouvez rejouer à l’infini.


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Savez-vous improviser ?

Changer de vie

Dans nos vies souvent très balisées, nous avons peur de manquer nos rendez-vous ou nous aimons les prévoir. Pour nous rassurer, nous préparons et planifions beaucoup au risque de nous couper du réel et de ne plus savoir nous adapter à l’imprévu. Savoir improviser n’est pas faire avec rien, mais savoir composer avec l’inattendu pour créer. C’est l’art de plonger dans le flow. Une façon d’être disponible, de puiser dans ses ressources ou de reconnaître dans la rencontre ce qui va permettre d’imaginer « autre chose ». Voilà un thème à creuser !


S’adapter à l’inattendu

On dit qu’autrefois dans certaines maisons, on prévoyait toujours « l’assiette du pauvre ». Au cas où quelqu’un se présente.

Quand les cousins débarquent à l’improviste, nous pouvons nous sentir dérangés dans ce que nous faisions. Je n’aime pas me sentir obligé de sortir de l’écriture par exemple. Mais il faut savoir laisser ce qui nous occupait, nous adapter, trouver quelque chose pour accueillir et restaurer celles et ceux qui ont débarqué sans prévenir « parce qu’ils passaient dans le coin« .

C’est l’accident dont nous sommes témoins et qui mérite mieux qu’une vidéo sur Instagram.

C’est le journaliste qui lance un micro-trottoir et auquel il faut savoir répondre intelligemment en montrant son bon profil à la caméra.

Ou bien l’élève provocateur qui perturbe ce que l’on avait prévu quand on enseigne. Il va falloir trouver la posture adaptée et renverser la situation.

C’est le conférencier privé de son diaporama, le professeur qui a oublié les fiches de son cours… Il va falloir se débrouiller. Et si tout se passe bien, accepter que ce changement soit meilleur que ce qui avait été prévu de manière détaillée.

La part du jeu

Observateur de ce qu’il a devant lui, l’enfant est capable de transformer le réel pour en faire un espace nourrissant son imaginaire.

Deux bouts de bois suffisent pour que deux personnages se livrent bataille.

Dans le coin jeu, avec quelques poupées, l’interaction avec une sœur ou un copain, on joue à « si j’étais… » On transpose, on imite, on compose, mais l’enfant pleinement à son jeu y entre si profondément qu’il fait abstraction de ce qui se passe à l’extérieur.

Des exercices d’improvisation

Le spontané ne tombe pas du ciel. Il faut savoir trouver en soi ses ressources et identifier très vite ce qu’offre le réel. La plasticité se travaille qu’il s’agisse de la vélocité des doigts sur le clavier, de la capacité à entrer dans une improvisation théâtrale ou dansée, de trouver les mots. Il faut disposer d’une gamme de ressources mais que celles-ci par leur combinaison créent une sorte d’alignement, d’harmonie ou en tout cas de cohérence. Dans le meilleur des cas on imaginera que tout avait été savamment préparé.

Certaines improvisations sont si réussies qu’elles donneront lieu ensuite à formalisation.

« — Je vais garder cette recette, elle est délicieuse ! »

Léo Ferré donnait l’impression d’improviser les anecdotes qu’il disait entre deux chansons. Elles étaient préparées au cordeau. Tel personnage politique lance une « bonne formule », elle était non seulement préparée avec soin mais la naïveté avec laquelle il la répète partout tue dans l’œuf le procédé. Il ne faut pas mentir avec l’improvisation. Elle doit conserver quelque chose de fugace sauf à devenir autre chose…

Pour pouvoir improviser, il est mieux de refuser l’impéritie et la procrastination. Nous devons disposer d’un « stock » qu’il soit mental ou fait de réserves judicieuses, il faut disposer d’en-cas par devers soi.

Il importe de s’exercer pour ne pas être pris au dépourvu. Savoir trouver ce qui fera l’affaire, qui pourra changer de fonction (humain ou objet).

« — Cette ombrelle me servira provisoirement de parapluie… » ou l’inverse.

Des ressources, des capacités d’adaptation à travailler, savoir reconnaître dans le peu qu’on trouvera ce qu’on pourra en faire d’utile.

Un art de vivre en poésie

On pense aux arts, au théâtre, à la danse, la musique, la poésie ou l’éloquence, on peut penser aussi au bricolage, à la cuisine, à la couture… mais pourquoi pas à de nombreux champs professionnels.

Un imprévu surprend soit parce qu’il se rajoute, soit parce qu’il manque.

Alors il arrive que la question soit : « — On improvise ou on annule ? »

Être attentif à l’environnement, aux autres tout en restant relié à soi ,reste nécessaire pour s’adapter et avoir de la répartie. Il faut « jouer le jeu » et se départir du risque de la fermeture, de la crispation et donc accepter l’inattendu (peut-être même le susciter) comme ce cadeau qui va permettre de mettre en lumière un talent, une compétence.

Il faut savoir lâcher prise pour regarder autrement la situation.

Il faut savoir faire preuve d’attention et de curiosité, tout en prenant du recul pour échapper aux pièges d’un automatisme réactif, recréer du lien avec le matériau vivant que nous sommes (physiquement, mentalement, psychologiquement).

Ce qui parait vraiment intéressant dans l’art de savoir improviser réside dans la capacité de nous retrouver et de nous dépasser, de nous surprendre en tenant compte des normes, du réel mais en les dépassant.

Voilà pourquoi l’humour peut naître d’une belle improvisation et y ajouter sa touche joyeuse et lumineuse ! L’improvisation est source d’émancipation, elle peut avoir son petit goût subversif dès lors qu’elle sait chatouiller les conformismes !

Voilà donc un petit sujet à creuser et expérimenter.

Mais vous, savez-vous improviser et jouer de votre côté ? Qu’aimez-vous improviser ?

Savez-vous improviser ?
À la mode, à la mode,
Savez-vous improviser ?
À la mode de chez nous ?