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un coup de dés


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Cinema Vox de Villefranche de Rouergue

Vie privée (film, 2025) une si jolie surprise

Films et séries

Présenté bêtement par certains médias comme un film policier, « Vie privée » de Rebecca Zlotowski est une jolie surprise plus subtile qu’il n’y paraît. Les esprits trop cartésiens n’aimeront pas. Voilà un film qui s’amuse tout en sachant toucher des points sensibles. Et comme on dit familièrement, « je n’ai pas boudé mon plaisir« .


Jodie Foster !

Forcément. Je n’adule aucun acteur ni aucune actrice en général, mais Jodie Foster !

Je l’aime depuis la série Paper Moon des années 70… Un peu plus jeune que moi, j’ai toujours été touché par sa personnalité acidulée et j’oserais dire que j’ai toujours éprouvé un ressenti affectueux pour elle. D’emblée, sans savoir les nommer au début, je nous ai trouvé des points communs confirmés plus tard. La voir de loin, spectateur muet dans l’ombre a toujours été une jubilation.

Et voilà que toujours aussi belle, elle a vieilli. Et que ça lui va bien. Les rides. M’apprends tu à vieillir ? Omniprésente dans le film, la caméra sait saisir ses yeux… La réalisatrice vient la chercher jusque dans ses doutes. « Shit ! » Quand ça ne va pas, l’actrice parfaitement bilingue nous lance l’interjection comme on secoue les plumes de la maladresse, des objets envahissants, des habitudes, ce métier de psy, ce canapé où elle dispose avec soin le papier jetable pour la tête des patients.

Tenir son rôle

Quoi ? La psy peut se découvrir malgré elle amoureuse de sa patiente ? Quoi ? Elle si rationnelle s’abandonner aux mains d’une hypnothérapeute ? Quoi ? La séparée retrouver son ex-mari pour l’accompagner dans son cheminement ? Et même un rôle… de grand-mère ?

Sous le rôle social, comment chacune, chacun joue sa partition ?

Histoires d’amour

Le film est riche en histoires d’amour où l’on s’éprend, s’apprend, se libère, se réconcilie.

Daniel Auteuil est chez nous si connu que c’est un acteur dont on pense avoir fait le tour. Dans le film il est « l’ex ». Et le voilà si attentionné et gourmand, si délicat et sensuel qu’il sait alors former avec Jodie Foster un joli couple de cinéma. Il la comprend. Ils sont beaux. Et nous aimons les voir ensemble dans l’ascenseur ou la voiture.

Et le fils incarné par un Vincent Lacoste dont on suit avec bonheur l’évolution depuis « Les beaux gosses », se retrouve malgré lui dans cette mise en tension : fils mal aimé, fils retrouvé, fils reliant sa mère à son propre enfant.

Comme je ne veux pas révéler trop, vous verrez tous les liens entre les personnages, les ambivalences… les fils sont nombreux.

Refaire le film ?

Des critiques sévères mais surtout peu enclins à se remettre eux-mêmes en question, pointeront ici ou là des défaillances du scénario. Renouer avec leur enfant intérieur leur ferait un peu de bien. Ils s’attachent à des détails comme une stratégie d’évitement. Pas un peu psychorigides les gars ?

Le film n’est pas révolutionnaire mais il est élégant, vraiment élégant, tout en poussant notre propre regard jusqu’à nous-mêmes.

Oui, la caméra est élégante et le montage superbe. Ce n’est pas si fréquent.

Je sais qu’un film est bon lorsque des images réapparaissent. Lorsque sur la route du retour, dans la nuit, des dialogues reviennent sur les lèvres. « Je n’enregistre plus, j’écoute ».

Et si c’était un film sur l’attention ?