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Ruptures

l'écriveur

Ruptures

Galou le chien, toujours partant pour de nouvelles aventures met sa joie dans les hautes herbes, dans les vagues, dans la neige, dans les rivières…
Il faut tourner la page. Ou plutôt, la voici qui se tourne comme une barque qu’on pousse du pied depuis la rive.
Nous nous quittons les gens de l’âge du travail. Je pars donner à mon enfance le chant qu’elle mérite avant plus tard de trouver quelque part un lieu où mon souffle pourra s’éteindre quand la flamme de la vie s’achèvera discrètement…
Ce n’est pas pour tout de suite. Mais maintenant, maintenant c’est la rupture, le fil que l’on casse, le lien que l’on coupe, non pas pour oublier, je n’oublie jamais rien mais pour pouvoir m’émanciper et attaquer le versant d’une nouvelle montagne…
Je vais oublier un peu de mes manières, de mes costumes, de mes habitudes, des heures et des routines pour en trouver de nouvelles qui laisseront enfin place à ce que je suis ou ce que je veux tracer de mon seul fait, une ligne d’écriture, un sillon, un chant de pleine liberté.
Il ne s’agit pas d’un jeu, d’une mise en scène, de l’envie de se montrer. Il ne s’agit pas de ça.
Depuis tout petit, dès que j’ai su lire, j’écris. J’écris toujours, j’écris n’importe quoi, je suis l’écriveur.
Adolescent j’avais acheté une “pierre humide à reproduire”. Un peu plus tard avant le temps des machines électriques ou des photocopieurs j’avais acheté une ronéo à alcool. Si mes élèves s’enivraient à humer les feuilles, je reproduisais aussi de la poésie.
Alors maintenant je vais écrire.
Je vais laisser derrière moi les métiers d’antan, les expertises, parce que si j’écris trop sur l’école et ce qui s’en suit je ne vais pas écrire ce que j’ai à dire et qui est plus important. Je dois choisir, je dois avancer et marcher résolu vers le nouveau continent.
Je n’oublie jamais rien mais je n’ai pas de racines, pas d’attaches, je suis libre pour de nouvelles découvertes.
C’est merveilleusement terrible d’être libre mais je ne veux pas me décevoir.
Jusqu’à présent de toute ma vie passée, il n’est rien dont je sois vraiment fier. Je n’ai pas de honte. Je suis resté fidèle à mes valeurs et j’ai essayé de faire le moins de mal possible. Mais fier de quoi ?
Je voudrais être fier à savourer ce petit bonheur d’une différence qui aura enrichi quelque part quelqu’un ou quelqu’une ! Enrichi, élargi, épanoui, encouragé, élevé… par quelque chose d’écrit, une ligne, un ver, une chanson, une histoire avec assez de justesse et d’originalité pour qu’on puisse y trouver du sang neuf pour vivifier l’espoir.
Alors, je tourne la page, j’ajoute de la rupture à la rupture pour dans ce joli paradoxe pouvoir me retrouver, m’embrasser, c’est à dire me prendre à bras le corps, à libre pensée, comme pour me retrouver enfin après toutes ces années, toutes ces maisons, tous ces visages, tous ces voyages.
Voilà le sens de cette nouvelle étape qui s’ouvre.
Voilà pourquoi je rentre au bercail de mes sensations propres.
J’écris pour ce quelque chose qui me dépasse et m’élargit.
Je tourne la page.
Cela n’efface rien.
En haut de la nouvelle page, commence un nouveau chapitre.

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