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Maladroit !

l'écriveur

Maladroit !

Chanson dédiée à ceux qui comme moi souffrent de ce handicap.

 
J’admire ces artisans précis au geste assuré qui font leur tracé droit,
Ces sportifs toujours accomplis qui lancent la flèche au cœur comme il se doit
Les couturières à la main sûre qui savent dans le droit fil surfiler la couture endroit contre endroit
Ces calligraphes qui sans rature, font leurs pleins et déliés la plume entre deux doigts
Géomètres le compas dans l’œil qui savent la mesure et ne se trompent pas
Ces poètes qui posent la césure et justes sans rupture nous donnent le la !


Moi je ne le peux pas,
Je suis maladroit !


Ce n’est pas que je le fasse exprès, on peut dire que j’essaie, je voudrais tracer droit
Dans mes mains qui sont gauches je sais, mes doigts sont emmêlés ce qui fait mon effroi
Les objets quand ils ne tombent pas se retrouvent de guingois, renverser est ma loi
Ma voiture est pleine d’éraflures, mes costumes sont tachés, de l’encre sur mes doigts
Tout petit déjà j’étais maudis et la géométrie fut un enfer pour moi
J’ai cassé, fait chuter, déchiré, de travers j’ai brûlé le plus simple des plats


Moi je n’y arrive pas
Je suis maladroit !


C’est pareil pour les bonnes manières, bien que je les connaisse, ne suis que maladresse
Je bouscule dans le vestibule le valet empressé de défaire mon manteau, voici que je renverse
Mon chapeau sur le chien minuscule de sa maîtresse qui hurle me mettant en détresse
Il est sûr que dans le grand salon, le vase Napoléon va chuter sans mollesse
Dès lors qu’on connaît mes façons, on me guide bon garçon me dirige me presse
Alors perdant toute raison dans la grande confusion se mélangent mes gestes

Moi je n’y arrive pas
Je suis maladroit

Si de ma gaucherie on fait une maladie dont se gausse à l’envie
Il est des gens indulgents qui mettront ce défaut sur mon étourderie
Certains y verront même du charme, moi qui en fait l’alarme et le drame de ma vie
Il vaut mieux en rire qu’en pleurer, j’aurais pu me blesser,  j’en reste abasourdi?
Est-ce donc mon cerveau qui déraille, d’où vient la gaucherie, est-ce une dysphasie ?
Moi je sens que c’est dans mes entrailles,là que ça me tenaille et j’en suis amoindri

Je n’en peux plus d’être comme ça
Je souffre d’être maladroit

C’est comme si me manquait le mode d’emploi de mon propre corps
Ou bien si je n’étais qu’un étranger errant dans un nouveau décor
Un jour pourtant un sage que je croisais me dit, ramassant mon écharpe déchirée
C’est juste une réminiscence, un bout de votre enfance qui est resté accroché
Ce n’est pas bien grave
Vous vieillirez moins vite, si vous osez rêver et laissez s’envoler
Vous vieillirez moins vite,
Vos gestes font ce qu’ils peuvent et qu’il vente ou qu’il pleuve
Si vous aimez vraiment votre maladresse sera juste la preuve
Que vous êtes bien là vous verrez ça ira !

Vincent Breton – droits réservés pour le texte et la musique.
février 2020

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