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L’exploit du jour – je l’ai fait

Voilà ! Je l’ai fait ! Affrontant sans crainte la pluie et alors que l’orage cessait tout juste de gronder, j’ai pris la voiture, traversé le quartier mouillé, me suis garé sur le parking, oui là, vers le collège. J’ai remonté la rue jusqu’au grand bâtiment. J’ai poussé la lourde porte de l’immense gymnase.

N’exagérons pas, je ne suis tout de même pas allé faire du sport un dimanche matin.

Non, mais mieux que ça.

Lorsque j’ai franchi le grand hall, une dame m’attendait, mystérieuse.

Pour le dress code, vu la pluie, je n’étais pas terrible. Et pour le mot de passe à l’entrée, j’ignorais qu’il en fallait un. Mais elle me laissa m’avancer.

Heureusement, elle me souffla, complice et mystérieuse : — C’est pour le 9 ?

Oui, c’était pour le neuf. Ouf ! Passé ! Une immense allée vide me menait à une petite table où siégeaient dans le silence une femme et un homme. Ils avaient l’air presque gêné mais restaient à bonne distance l’un de l’autre.

Je leur tendis mes papiers. Ils acquiescèrent sans mot dire, me désignant d’un geste ample la vaste salle déserte. Sur une autre table m’attendaient enveloppes et bulletins. C’était plus simple que dans mes souvenirs où il fallait se charger de paperasse. Deux.

Je m’emparai de ces documents et me rendis dans l’une des cabines d’essayage laissées à disposition. Mais je n’avais rien pour me changer. Je pris l’un des papiers, jetai l’autre en regardant le fond de la poubelle déjà un rien explicite. Influence-t-on avec des papiers jetés ?

Je profitai de l’aubaine pour me recoiffer vérifier mes lacets et ma braguette que j’oublie souvent de clore surtout le matin, pris ma respiration et sortis aussi naturellement que possible.

Je marchai dignement, un peu comme la maire lorsqu’elle va saluer les anciens combattants. Le calme régnait. Un autre couple m’attendait derrière une immense table avec une grande boite transparente mais le buffet n’avait visiblement pas été installé. trop tôt sans doute. Il n’y avait rien à boire ni à manger.

Je tendis une nouvelle fois mes papiers, on annonça mon nom très fort alors que je voulais venir discrètement, heureusement il y avait peu de monde à cette heure.

L’exercice ensuite consistait à poster une enveloppe dans une boite transparente. Le monsieur retint un instant mes papiers ce qui m’évita de les poster également. Je visai juste, sans trembler malgré mon âge et parvins du premier coup. Sans entraînement ou presque. En revanche, si on veut changer d’avis, ce n’est plus possible à ce moment là. On n’a le droit qu’à un seul essai.

Une dame insista pour avoir un autographe. C’est assez pénible ces sollicitations un dimanche matin alors qu’on vient discrètement au gymnase tester les cabines d’essayage. Mais bon, sûrement un effet de la célébrité avec tous ces blogs que je tiens. Je cédai. Je vis son visage s’illuminer. Nous n’échangeâmes pourtant pas nos numéros de téléphone. J’aurais trouvé cela indécent et j’ignorais quelle aurait été la réaction de son partenaire qui me semblait être assez pointilleux.

Grâce à l’aide précieuse des vendeurs je n’oubliai pas mes papiers.

J’obtins un tampon supplémentaire sur ma carte de fidélité mais impossible de savoir combien sont nécessaires pour une pizza gratuite.

Comme j’avais fait le tour, je décidai de rentrer à la maison en me demandant s’il pleuvait encore.

Je ne sais pas pourquoi, je ressentis au fond de moi une vague émotion. C’est idiot n’est-ce pas ?

J’ai beaucoup apprécié la fraîcheur des lieux, l’ambiance apaisante. On ne m’a même pas demandé ma carte bleue et j’ai été remercié. C’est plutôt sympathique de nos jours où les gens sont souvent agressifs.

Je n’ai pas eu le sentiment de faire grand chose, mais il parait que de nos jours, c’est un exploit !

Ils auraient pu envoyer les journalistes comme ils le font pour les célébrités de la politique. Mais un dimanche, ils n’avaient sûrement pas envie de se lever si tôt pour moi.

Car oui da, il était tôt !

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