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Les surprises du jardin

l'écriveur

Les surprises du jardin

le potiron prospère

Je suis comme un enfant devant les potirons qui grandissent d’heure en heure au jardin pourvu qu’ils disposent d’un peu d’eau et de soleil.
La plante grimpe au mur, ses tiges épaisses et piquantes croissent, partant à l’aventure, escaladant le muret, franchissant le grillage du voisin, recouvrant les buissons proches. Elle installe ses petites attaches, tortillons plus souples qu’un élastique – la science des jardiniers a dû leur donner un nom – pour solidifier le tout et ses fruits se développent si vite, ballons jaunes et joyeux, que c’est un bonheur de les voir prospérer.
Mais quelle énergie ! Quelle volonté joyeuses !

Combien de magnifiques astuces et d’adaptations jaillissent-elles d’une si simple graine ? D’où vient cet enthousiasme, cette exubérance, cette volonté vitale extravertie et quelque peu envahissante, car je ne suis pas certain que le buisson voisin envisage avec bonheur le poids des potirons sur son modeste feuillage…

Comprenez bien que ces joyeux potirons m’émeuvent.

passiflore

Plus discrets sont les fruits de la passiflore que je n’avais pas vus surgir… Il parait qu’au Nord de la Loire, ils resteront fades.

Il y a tant de choses à observer dans un jardin aussi modeste en apparence, tant d’attention à donner dans cette discussion entre plantes qui veulent toutes prendre leur place jusqu’à la vigne vierge dont l’étreinte peut s’avérer fatale aux arbres ou plantes qu’elle prend en affection… Et je ne vous parle pas de l’impétueuse ronce qui trace sa ligne ardue et résolue au sein des branches tendres du camélia.

Ce n’est pas sans scrupules que la main du jardinier contient toute cette vie et choisit de préserver les unes plutôt que les autres… Si j’avais la place, je vous laisserais toutes bonnes et dites mauvaises herbes !

Je ne suis pas l’adepte particulier du désherbage, si ce n’est pour m’en remettre à une certaine norme d’un jardin dont je n’ai pas tracé les allées, mais malgré le travail qu’il me faudra produire pour contenir tout ce qui pousse, je m’émerveille de ce qu’une simple averse sait faire jaillir, toute cette vie qui n’attendait qu’un signal !

Comme au jardin, j’ai passé du temps à choisir, élaguer parmi les textes, les blogs, les sites, voulant me concentrer à l’avenir sur les écrits, la chanson. Ne pas me laisser m’envahir par trop d’écrits annexes, des diversions, des commentaires sur l’actualité ou la pédagogie qui n’apporteraient rien de neuf et surtout ne me permettraient pas d’aller à l’essentiel.

Je retrouve ici et là des essais, des textes, des poèmes et chansons qui ont poussé un peu partout et que j’avais fini par oublier. Il faut ranger, nettoyer, arracher, jeter au compost des idées à venir… au fond, je comprends que je regarde assez peu le passé même si je puise beaucoup dans les souvenirs. J’oublie souvent ce que j’ai écrit. J’écris peut-être pour pouvoir oublier. J’écris comme on pose des pierres sur le sentier, pour avancer, tracer le sillon.

J’avais écrit quelque part “paysan des mots, je laboure les rêves..”

Les chansons sont les potirons de mon jardin intérieur. Mais j’espère que les fruits auront un peu plus de saveur que ceux fades, de la passiflore !

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