Retrouvailles

Le CAC 40 en hausse !

J’ai cru comprendre que « la bourse repartait à la hausse », optimiste. Il paraît que le CAC 40 est au plus haut depuis 2007.
Les cyniques autrefois disaient : « Ah ! Il nous faudrait une bonne guerre ! »

Opportun virus ?

Les victimes n’ont pas fini de tomber.

Un café s’il vous plaît !

Il me prend à rêver comme un imbécile à des choses futiles : boire un café en terrasse même si le garçon fait la grimace, aller au ciné limite voire un navet ou bien au théâtre même si les acteurs manquent de flamme ou au musée, celui là où le plancher craque et où le gardien fouille mon sac comme si j’étais le dernier des contrebandiers.

Il a fait si beau aujourd’hui. Mais j’étais sous les rets du confinement. Ma plage préférée elle est à plus de dix kilomètres. Les gravelots pourront pondre tranquille. Le chien avait ce petit œil mélancolique… demain nous remonterons le bord de la rivière.

Radio Paris ment !

Les nouvelles du Monde sont venues comme des restes de feuilles mortes bruissant à peine sur la terrasse.

Galimatias indigeste de rumeurs et de ressentiments, de ministres menteurs ou médisants, de colères rances et de petits coqs pérorant sur tout et n’importe quoi, je suis las d’y prêter attention.

Trempant le doigt dans la mauvaise confiture des réseaux sociaux, je suis parfois tenté de répondre et envoyer quelques pointes distrait vaguement un moment… mais ça lasse.

Ce monde de guingois, cet époque qui dérive et afflige, tout ça décourage.

Une journée de perdue ?

Ce fut une sorte de journée blanche, une sorte de sillon de tristesse paradoxalement impassible, un fil lent et morbide.

Combien de corps ce soir ont été glissés dans une housse en plastique et descendus dans les caves des hôpitaux ? Tous ces nombres sans visage.

Mais l’épidémie n’est pas la seule à tuer et nous faisons bien silence sur ces morts inutiles qui jalonnent notre existence.

Elle a cette épidémie, le sinistre mérite de nous rappeler que la mort est là nous accompagne et nous regarde.

Nous ne voulons pas la voir. Nous envoyons nos malades à l’hôpital et nos vieux dans ces maisons pour lesquelles les actionnaires dont je parlais plus haut investissent car me dit la publicité reçue tout à l’heure, c’est « hautement rentable ».

Toute cette tristesse étreint et épuise. Les psychologues et les gourous vont eux aussi tirer leur épingle du jeu et pourront s’offrir de belles soirées dans des lieux prohibés.

Je me demande parfois si nous serons un jour libérés, c’est long, long, long. Il en est qui me manquent furieusement : des humains et des paysages…

Nos retrouvailles

Mais je me disais aussi que cette histoire étrange, je ne sais pas vous, mais c’est mon cas, aura permis des retrouvailles.

Se retrouver avec soi même, sans avoir besoin de se regarder beaucoup plus au miroir. Le corps a des choses à dire, le mental plussoie. Les souvenirs remontent, le temps permet de retrouver quelques clés, d’en jeter d’autres au fond du puits. Se retrouver, dans cette intimité exacte et sans concession et pour peu que l’on écoute l’enfant en soi, cela fait de jolies surprises.

Retrouver la nature et l’espace. Celui de la maison ou du jardin – je suis chanceux- . Les détails de la rue ou du bois voisin, les bestioles d’un bosquet, ce chevreuil qui s’était risqué à cinquante mètres de la maison, ces secrets dans la ville, oiseaux et chats les guettant, ces failles dans un mur, ce graffiti contre un autre… ces bruissements, ces crissements et ce temps qui s’allonge, se transforme, se met en boucle, s’invente de nouveaux rites. Les saisons et leurs violons. Oui la période permet ces explorations, ces découvertes, ces retrouvailles que seule la marche à pied autorise.

Mais les plus belles retrouvailles, les avez vous eues comme moi ? Cette voix oubliée depuis dix ans, cet ami perdu de vue, ce compagnon d’antan, cette cousine enjouée, ce camarade des épopées parisiennes, cette fille d’hier qui vient se raconter comme jamais, l’ancien élève prenant des nouvelles et qui se livre avec émotion et délicatesse. Il en manque encore à la brassée.

J’ai tant voyagé, tant changé de maisons et de lieux que je me trompe parfois sur un prénom confondu avec un autre. Les visages qui s’animent et la présence vivante sont indispensables mais il plaît au vieil homme que je suis de mieux en mieux de voir ces belles âmes renouer. Leurs voix ne changent pas. Tout au plus prennent -elles de l’amplitude.


D’autres manquent, d’autres ne manquent pas… mais certains ont conservé leurs souvenirs au chaud et renouent sans difficulté. Quelle douceur réconfortante dans ce monde où les atrabilaires qui vitupèrent tiennent le haut du pavé !

Et les fidèles de toujours, qui gardent la lampe allumée et le téléphone ouvert, quoiqu’il arrive.

Chacun de ces amis est un continent, un livre. Mais qu’il est bon d’avoir un visa à jour au passeport. Un signet à soi entre deux pages.

Et puis derrière ces retrouvailles et leur chant de fidélité, cette ouverture, cette porte lumineuse. Ce n’est pas déjà la mort. Il n’y a pas urgence. Printemps revient, toison repousse et le ruisseau chante !

Ce sont les nouveaux paysages qui viendront, ce nouveau visage à aimer ou cette main fraîche et douce dans la mienne. Une nouvelle maison alors…

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