traversee

Le palefrenier et la miette – poème

Les jeunes enfants ont faim,
Le palefrenier s’entête
Le ciel est bleu et par-dessus leurs têtes
Ils mettent leur accent, penché
Et dans leurs mains,
Leurs petites mains ouvertes
Les enfants guettent la miette
De ciel, de pain
Une miette
S’il vous plaît !
Mais
Le cheval debout fait sa fumée
L’homme lui donne le croûton sec
Enfants ! Vous n’aurez-rien
Petits quémandeurs !
Graines de voleurs !
Petits assassins !
Vauriens !
Sortez de mon chemin !

Le cheval est immense
Et petite l’enfance
Espère
Espère
Espère
Les yeux des petits clignent sous la lumière
Ils avalent déjà leur salive
Ils voudraient y croire
Une miette, un espoir
Pour que vive
S’il vous plaît

Mais brinquebale la carriole du Monde s’ébroue
Le cheval s’éloigne sombre et fumant
Dans des odeurs de terre, de crottin, de sang
Debout, minuscules dans l’ornière
S’éloigne la silhouette fixe des enfants
Debout, sous le ciel bleu et dur de l’hiver

[in Rue des pommiers octobre 2012]

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