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La séparation

l'écriveur

La séparation

On voit souvent avec tristesse, le moment de se séparer lorsqu’on formait un couple, et pourtant, il y aurait en réalité matière à faire une fête !

 Nombreuses sont les familles s’inscrivant dans la tradition 
 Qui fêtent les baptêmes, les mariages et les communions 
 Si aux enterrements s’attroupent en grande componction
 Les pauvres comme les riches vont au même diapason   
 Ils sont encore bien nombreux chantant à la circoncision  
 Et trop de monstres affreux pour s’amuser d’une excision  
 La tradition du drap blanc n’emporte que mon affliction
 Mais il en est une qui pourtant aurait certes ma prédilection 
 Pratique minoritaire souffrant plus que de déréliction
 C’est la fête qu’on pourrait faire à chacune des séparations !
 
 
 Notez d’abord mes compères, pour ceux qui aiment s’amuser 
 Compte tenu des ruptures, des divorcés, des séparés  
 Nous aurions bon prétexte en bonne logique pour festoyer
 Ce serait plus constructif que de rester à larmoyer  
 Notez encore si des enfants sont nés d’une union
 Que demain matin ils auront deux chambres et puis deux maisons
 Nouveaux darons et marâtres ajoutés en profusion  
 Des frangins pour se battre, des frangines pour s’tirer l’jupon  
 Notez surtout que lorsqu’un couple las de s’aimer se déchire
 Plutôt que de se malmener il est bon qu’il se délivre  
 
 
 Car c’est une délivrance que de redevenir célibataire  
 Même si certains idiots se quittent pour aussitôt refaire  
 Les mêmes bêtises qu’hier en mairie en église  
 Au moins changer un peu et la routine s’amenuise  
 Car c’est une renaissance que de ne plus subir les défauts  
 L’halitose ajoutée aux charentaises c’en est trop !
 Et les emplois du temps rythmés par les courses, le bistrot  
 La routine se décline à son métro, boulot, dodo  
 Et le désir patine, faut renouveler la libido  
 Les reproches ne tardent guère et s’en viennent alors les maux !
 
 
 Il n’est dit-on de bonne compagnie qui ne se quitte
 Il est toujours mieux de cesser avant que de prendre une bonne cuite
 Si l’on veut savoir garder le meilleur de l’histoire  
 Il est mieux de s’en aller avant de sombrer dans les déboires
 Ainsi que le bonheur, l’amour éternel reste rare
 Sacrifier le meilleur, son honneur pour rester tard
 Ce n’est souvent que la peur qui retient, la peur du départ  
 Ce n’est en rien un échec que de terminer une histoire  
 L’acharnement fait du mal, pire encore les bobards  
 Pourquoi se condamner à vie à partager son plumard ?  
 
 
 Et pourquoi je vous le dis ne pas faire une fête ? 
 C’est une façon aussi de relever la tête !
 Nos amis ont fait une belle séparation, 
 On peut dire que longtemps nous nous en souviendrons  
 Et peut-être bien, nous les imiterons !  
 
 Vincent Breton - droits réservés / novembre 2019

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