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La maison qui dort

Dans la maison qui dort, je suis toujours le premier réveillé
Le chat s’est enfoncé au creux de l’oreiller
Et toi mon doux amour au plus profond de tes songes
Dans notre lit, plus rien ne bouge, je m’allonge
Et je te regarde et je t’attends au Monde
Tu dors

Un matin sans ton sourire je ne suis rien
Seule ta parole me délivre, déjà gamin
Je regardais ma mère dormir, très tôt dans le matin
Puis je traversais la grande maison, pied nu 
Le carrelage froid
Le chat se frottait contre moi
Ingénu
Je mesurais ma solitude
Et je me demandais 
Comment serait la journée

Combien de fois me suis-je levé dans des maisons froides
Cherchant ma bouche au thé brûlant, 
Me cognant aux parois gelées de mon enfance
Je me croyais tout seul au monde 
Envahi de pensées
Pourquoi ce réveil matinal
Pourquoi debout dans la gelée ?

Et puis, après les disputes inutiles et idiotes de la vie
Après les combats puérils, le temps perdu et le pain gris
Tu es venu chauffer mon lit, ma vie mon cœur
Je te regarde et je t’attends c’est mon premier bonheur
Et si j’ai la récompense de ton sourire
Alors je peux aller au Monde 
Et vivre ?


[in "Rue des pommiers" 1/11/11]

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