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La fête des mères

l'écriveur

La fête des mères

L’enfant n’avait pas huit ans. Dans le banal exercice de la lettre pour la fête des mères, sous la forme policée et convenue, un peu scolaire, de l’expression de l’amour filial, il pressentait déjà les milles contraintes faites aux mères…
Tu travailles pour moi et tu te prives pour tes enfants.
Tu travailles et cela te fait du bien… mais la fatigue et déjà cette promesse “je ne chanterai pas quand tu lis“…
Car toujours j’ai dérangé le monde avec mes bavardages et mes chansons impromptues…
Dans l’intensité dramatique d’une existence, cette superficialité la, seule, m’a permis de ne pas entièrement céder le pas à la défaite d’être au cœur de ce monde incompréhensible…
Mais c’est toi qui m’appris à chanter et ce goût de la lecture et de la très haute solitude qui permet la liberté…
Et je pressentais déjà, que nous, tes enfants, malgré ton amour, nous étions ces entraves à ta liberté essentielle…
Ne pas te déranger quand tu lis.
Les livres sont restés, quelques écrits, quelques photographies.

Et ta liberté comme une défroque laissée sur le plancher. Sans toi.

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