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Journal intime

l'écriveur

Journal intime

Les journaux intimes on devrait les détruire avant de mourir… sauf ceux qui bien sûr par leur force dépassent nos petites vies personnelles et familiales… mais le sait-on ?

Le passé, s’il nous infuse, peut devenir une source bien amère lorsqu’on va y boire systématiquement, en tentant de remonter à la source.
Lire le journal intime d’une personne même morte, c’est toujours une sorte d’effraction.

Lire le journal intime d’une personne vivante serait juste indignité.

Mon journal intime n’existe que par allusions, clés, métaphores disséminées ici et là dans une chanson, dans une poésie, un texte…

Bien malin qui saura s’y retrouver ! Ceux qui croient y déceler une vérité se gourent la plupart du temps et comprennent de travers. Ce sont des clés. Je les détiens seul. C’est le chiffre secret de ma vie.

Je fais l’aveu avoir relu le journal intime d’une personne morte. C’est un peu comme aller boire à une source toxique et addictive… à tel point que le tabou s’est imposé à moi et que je n’ai pu que contourner certaines pages.

J’ai lu, je sais maintenant, bien mal m’en a pris. Je ne dois pas revenir relire ou vérifier. Je dois être celui qui brûlera ces pages. Tout passé ne mérite pas d’être éclairé de nouveau. Il faut laisser les bons moments remonter à la surface, ils le feront seuls, réinventés par le roman de notre histoire personnelle qui nous forge comme les contes de notre enfance.

Je brûlerai nombre de pages, de textes, d’images qui me concernent. Je ne veux pas être une énigme, je veux choisir ce que je veux révéler, conserver, effacer.

Le reste m’appartient.

Il restera des scories, des oublis, des bribes… Ici et là certains possèdent des écrits de ma main, des lettres… Un jour N m’avait montré les trois boites à chaussures qui ne contenaient que les lettres que j’avais pu lui écrire… Çà en faisait des lettres d’amour.

Il faudra donc que je le détruise ce journal intime que j’ai lu.

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