bertin

J’écoute Jacques Bertin

J’écoute ce matin Jacques Bertin. Je ne l’ai jamais vu en scène mais j’ai de lui une sacré collection de trente-trois tours et de cédéroms.

Une lettre de sa main aussi, assez longue, où il répondait avec beaucoup d’attention à ce jeune homme que j’étais …

Sur son site, il annoncé prendre sa retraite en janvier 2022. Il fera peut-être encore des disques mais plus de spectacles…

“La blessure sous la mer” est l’un de mes albums préférés.

Parc Borelly, un dimanche
Jets d'eau, jeux d'oiseaux tranquilles
Actes petits jetés aux oiseaux
Comme elle est calme cette île
Quelle étrangeté d'oiseau
Une fleur facile
Et un pétale d'oiseau
Les lenticules qui filent
Innombrables pas d'oiseaux
Ne rien faire qu'inutile
Et t'aimer, ton cœur d'oiseau 
[Jacques Bertin]



La chanson de Bertin est poétique. Poète, il est cousin de René Guy Cadou ou de Reverdy sans les copier … Une voix, un phrasé, des images, un sens du détail…

Je crois bien qu’il m’accompagne depuis l’adolescence. Une sorte de proximité intime a fait que c’est toujours lui que j’écoute lorsque j’ai besoin de paix, de me retrouver… J’y reviens souvent, indiciblement.

Je l’ai souvent écouté allongé, hors du temps, hors du Monde… Il est présent mais sa personne ne vient pas envahir ce qu’il chante. Les mots et les images font qu’on peut réécouter plusieurs fois, ressentir, comprendre et percevoir de nouveaux espaces…

Ses mélodies qui certes ne font pas dans le “Youp la boum” sont assez fortes pour que parfois au détour d’une promenade, au volant… elles me reviennent et m’accompagnent doucement.

On y retrouve l’histoire des poètes mais aussi les chansons d’antan, celles de l’enfance, l’odeur de la campagne ou la poésie des villes. Il y a la langue française. Bertin est une sorte de troubadour.

L’incompréhensible indifférence des médias, le silence médiatique restent pour moi une sorte de crime.

Bertin est resté vrai toujours. Il ne s’est pas vendu à la variété. Il a reçu des prix. Il a bénéficié d’une vraie reconnaissance mais n’a jamais bénéficié du public auquel il aurait eu droit comme Brassens, Leclerc ou Brel…

Ces dernières années ont été rudes pour la chanson que j’aime. Il y a déjà un quart de siècle que Colette Magny est partie. Mais ces dernières années on a vu partir Greame Allwright, Anne Sylvestre, Benin, Hélène Martin, Julos Beaucarne… toute cette famille dont je me demande où sont cachés les héritiers ?

Mais bon, je ne veux pas porter poisse !

J’ai glissé “Seul dans le paysage”dans le lecteur. Il y chante Luc Bérimont. Mais aussi “A la claire fontaine” ou “Brave Marin”. Avec ma mère, on les chantait à plusieurs voix.Je prenais la haute. A huit ans c’était facile.

Je pourrais aussi parler des amitiés de Bertin qu’il découvre au fil de ses albums… un tissage fort.

Mais si vous ne le connaissiez pas, osez la curiosité. Il y a quelques vidéos sur You Tube, pas toujours terribles… Sur son site, des chansons sont en partage.

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