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La fête des mères

J’avais un peu plus de sept ans lorsque j’écrivis cette lettre pour la fête des mères, à l’école.
Je ne l’appelais “maman” que dans l’intimité. Sinon, j’usais seulement de son prénom.

J’avais réellement conscience des sacrifices qu’elle consentait pour nous. Enfin, consentait, elle n’avait guère le choix.

Les privations étaient réelles. Comme la fatigue…

Rien n’est plus sincère dans cette lettre que le passage “je te promets que je ne chanterai pas quand tu lis.”
Car déjà je chantais beaucoup.
Je ne me souviens pas en revanche avoir été beaucoup grondé.
Je me souviens qu’elle aimait son travail, ses élèves… mais qu’elle se levait à cinq heures chaque matin.

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la lettre de Vincent à sa mère

Beaucoup plus tard, je compris en lisant ses confidences qu’elle ne fut pas réellement heureuse d’être mère. Elle détestait ça en fait.

Le prix fut trop lourd à payer et surtout, au fond d’elle, elle n’était faite ni pour le mariage, ni pour les enfants ou les corvées de lessive…

Elle était faite pour l’écriture, la philosophie, les arts… les belles histoires d’amour et la liberté.

Mais une jeune femme d’une famille catholique devait suivre le chemin…

À sa façon, et sans grandiloquence, elle fut victime du patriarcat, des coutumes imbéciles et des traditions qui vont avec. Si l’émancipation des femmes commençait, c’était encore un combat trop rude à mener, surtout quand on doit élever seule deux mômes à un moment où le divorce était fort mal vu.

Alors, “fête des mères” et de celles qui auraient aimé ne pas l’être, qui auraient été tellement mieux “libres”. Je lui dois d’être féministe. Je lui dois mon goût pour la liberté. Mais j’ai su au moins retenir la leçon et éviter de faire des enfants !

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